Abeille migratrice

Petite abeille ira loin si je finis de peindre l’assiette à temps. Elle est destinée au copain taïwanais de ma fille, encore une dizaine de jours avant son départ, je devrais être dans les temps.

Ma vue n’étant plus ce qu’elle était, je n’ai pas peint chaque poil de patte comme je l’aurais fait auparavant mais ce n’est pas plus mal, j’apprends enfin, par la force des choses (et la faiblesse des lunettes) à accepter un rendu un peu plus flou. Et j’aime bien. Il ne me reste plus qu’à me risquer au grand format et ce sera la révolution culturelle et picturale ! Mais je n’en suis pas encore là…

Laissez votre commentaire
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com

Conte nocturne

Il y a des endroits où on passe, d’autres où on entasse, parfois ce sont les mêmes et celui-ci regroupe ces deux fonctions sans que je ne prenne la peine de m’y arrêter autrement que pour tailler le cotoneaster multirécidiviste. En effet, depuis que j’ai entrepris de le tailler « en nuages », je me rends compte qu’il pousse à une vitesse incroyable et que ce n’est pas une ou deux fois par an qu’il appelle le sécateur mais plutôt une ou deux fois par semaine. Aussi quand j’emprunte ce bout d’allée qui mène au jardin de côté je ne regarde guère que lui ou l’olivier pour décompter ses fruits. C’est vite fait, il y en a cinq… Mais c’est déjà ça !
Pourtant l’autre soir je me suis arrêtée sur cette allée, à l’abri de l’avancée du toit et donc de la pluie, le temps de fumer une cigarette. La lumière était allumée dans la resserre et éclairait ce que je ne regarde plus : ce grand coq en métal, rélégué ici je ne sais plus pourquoi, le petit coq censé alerter quand la terre du pot est sèche et dépourvu de piles depuis longtemps (a-t-il jamais fonctionné, je ne crois pas), l’escargot en fonte tire-bottes tout aussi inutilisé, posé sur la plaque de béton cellulaire sortie d’une cave pour y forer des niches à insectes et oubliée ici. Tout le bric-à-brac des objets posés là un instant qui s’étire sur des mois. Ou plus. La pluie, la nuit, la lumière adoucie par les vitraux peints sur les vitres de la resserre, le temps ouvert de la pause cigarette m’ont fait voir autrement cet assemblage qui n’était plus disparate mais une sorte de bavardage de formes et de teintes, comme si j’avais surpris une scène d’un conte de fées, ceux où les animaux parlent. Les animaux de Brême nouvelle version, deux coqs et un escargot !
(Texte écrit en septembre et enfoui dans les brouillons suite à une mauvaise manip et retrouvé ce matin. Bientôt en ligne si WordPress daigne charger le fichier… Pfouuu… C’est long !)
(Une mise à jour plus tard et quelques réglages plus loin, il semblerait que j’aie dompté la bête. Pour le moment.)

 

Laissez votre commentaire
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com

Rêveries minérales

Comment cet petit objet étrange, de quelques centimètres de long, a-t-il pu se retrouver sur le lit d’extérieur surplombé d’un auvent ? Il n’a pas pu se décrocher de celui-ci puisque l’installation n’est en place que depuis une dizaine de jours, il ne peut pas provenir du muret puisque je l’ai masqué avec un paravent molletonné. Un oiseau aurait-il été sujet à la même méprise que moi qui ait tout d’abord confondu ce petit tuyau strié avec une larve ? Même si j’ai plutôt tout d’abord soupçonné une des chattes d’avoir laissé un souvenir odorant sur le matelas.

Mais d’odeur point, juste une boue très fine, séchée et durcie au soleil pour former quatre loges annelées. Quel animal a bien pu les construire ? Seule la loge terminale est ouverte, laissant entrevoir un intérieur parfaitement lisse sans trace de cocon. Est-ce la larve elle-même qui s’emmure ou la mère qui maçonne à l’avance des berceaux rustiques et superposés ? Je ne vois pas de point d’accroche ni même de surface plus aplatie, rien qui puisse me guider vers une compréhension de la logique interne de cet assemblage. Sur la loge latérale on voit le bouchon appliqué comme un opercule plus bâclé, je croirais sentir le soulagement du dernier geste d’un boulot fastidieux. Ce bouchon accrédite l’hypothèse d’un travail maternel, une larve ne pourrait pas l’appliquer elle-même.

A regarder cet assemblage, j’hésite entre des pommes de pins miniatures et des amphores à gouttes de miel. Ou le bouton de la prêle. Des bourgeons fossilisés, quatre petits tatous à la queue-le-leu. Ou des crottes. J’ai beau secouer ce hochet miniature, nul bruit ne parvient à mes oreilles. Je ne sais pas s’il y a toujours trois habitants enclos et je n’ose faire usage d’une lame pour vérifier, je préfère rêver à une sieste à l’intérieur de ce petit cocon minéral, en imaginant qu’il me poussera des ailes quand le temps sera venu.

6 commentaires
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com

Troisième essai

Comme ma fille aînée m’a offert un Bullet Journal prérempli de ses blanches mains pour au moins le mois à venir et que je suis une mère obéissante, je mets des petites cases à remplir chaque jour (depuis hier) et parmi elles reprendre la tenue de ce blog. Mon premier essai hier s’est soldé par un échec cuisant. Je m’étais installée sur la terrasse du jardin de côté de la maison, une petite table, une chaise et la vue sur les plate-bandes, pas une inspiration à décoiffer les neurones mais de quoi rédiger un petit billet. Sauf qu’en l’écrivant directement sur WordPress, il a tenté de le publier alors qu’il était hors wifi et s’est bloqué, comme un gamin à qui on demande de passer à table ou de faire ses devoirs et qui s’obstine à finir sa partie. Moralité, j’ai bien dû admettre qu’à force de passer de PC à Mac puis à iPad puis un autre iPad, j’apprends à chaque fois de nouvelles manips et en oublie autant. C’est comme une boîte de Lego dont on changerait les pièces régulièrement, je cherche à faire toujours le même château mais je ne trouve plus les mêmes briques.

D’ailleurs, j’en suis à mon troisième essai de publication de ce petit billet de rien du tout, entre temps le ciel s’est voilé et la photo que je vais tenter de joindre ne sera plus le reflet de l’ambiance du jour de l’écriture mais je ne saurais faire mentir ma réputation d’obstination digne d’une chèvre ! Comme je me suis rabattue sur un autre lieu pour écrire, à savoir la table de la resserre, je mets une deuxième photo pour cet exercice de mise en jambes bloggesque.

2 commentaires
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com

Mea culpa

Je dois faire mon mea culpa. Dans un billet datant d’il y a quelques années, j’ai médit, c’est ma faute, ma très grande faute. J’ai médit des poules. Le destin s’est chargé de m’en punir en m’amenant à en côtoyer une de près, très près, trop près parfois. C’est une amie de ma mère qui s’est trouvée en charge d’un poussin dont elle ne savait que faire et nous a proposé de l’adopter. Ni une ni deux, je suis allée chercher la bestiole et c’est ainsi que Mémène, la poule, pupille de Mémaine, sa propriétaire durant une semaine, a fait son entrée dans nos vies. 

C’était alors un poussin d’une dizaine de jours, poussant de petits pépiements d’oisillon, très attendrissante boule de duvet que j’ai gardé constamment avec moi pendant deux jours, enroulée dans un torchon pour qu’elle reste au chaud. Puis elle est restée en liberté dans ma chambre quelque temps, au grand dam du parquet d’ailleurs, avec moins de présence mais assez apprivoisée pour accourir dès que j’arrivais. 

Si au départ nous avons craint que le chien et les chattes ne lui fasse un mauvais sort, il s’est avéré que nous nous inquiétions pour rien. Cette poule a un fort caractère et elle a mis tous les animaux à l’amende. Et c’est même le chien que nous devons protéger d’elle quand elle a décidé de le pourchasser pour lui chiper son os, ou la chatte quand Mémène estime que c’est à son tour de se faire câliner à sa place.

Elle monte sur le banc à côté de ma mère pour lui tenir compagnie, elle réclame sa dose d’insectes séchés quand elle a pondu son oeuf, elle tape à la fenêtre quand elle a envie de présence et elle aime qu’on lui caresse le cou, la tête et même les caroncules. Mais pas la crête. 

Elle a aussi la manie bien plus désagréable de piquer les mollets quand on ne s’occupe pas suffisamment d’elle à son goût. Ce qui n’est guère pratique pour jardiner en sa présence. 

C’est la première fois que je suis côtoie ainsi un oiseau et ça m’émerveille encore de pouvoir en manipuler un sans que ce soit le signe d’une maladie ou d’un accident chez lui. Le plumage n’a tellement rien à voir avec le pelage ! C’est un plaisir mêlé d’étonnement que de voir comment les plumes glissent les unes sur les autres là où celles du cou rejoignent le dos. Glisser un doigt sous celles du jabot pour trouver le duvet si chaud et doux pour la gratouiller doucement, son petit gloussement de satisfaction quand elle reste tétanisée pour que le câlin continue, sa manière d’accourir (de façon ridicule, certes) quand je l’appelle, tous ces petits plaisirs font que je suis en train de me réconcilier avec la gent volatile. Et puis, elle pond un oeuf chaque jour !

Laissez votre commentaire
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com

Sécati sécatons ! 

J’ai le sécateur qui me démange, comme à chaque printemps. Ou été. Ou automne. Mais pas l’hiver, là je développe plutôt des envies de tronçonneuse histoire d’expliquer quelque peu aux arbres qu’il y a des limites à leur domaine.

Cette fois c’est le « cotonaester qui n’en est pas un mais je ne sais plus son nom » qui a pris cher. Quand j’ai commencé à m’en occuper, il y a bientôt six ans, il menait sa vie tranquille d’arbuste planté devant le muret, avec ses frères. Eux ont mal fini, dépenaillés, dégingandés, ils ont fini par se faire ratiboiser. Mais lui, à force de taille systématique en passant devant pour aller dans le jardin, avait fini par prendre une certaine ampleur. Et même une ampleur certaine. Trop certaine.

Alors je lui ai appliqué ce qu’on appelle une taille en nuages. Un peu étriqués les nuages parce que j’ai dû supprimer beaucoup de branches maigrelettes qui finissaient en petits panaches pour former le volume apparent final. Mais ça va, je suis contente du résultat parce que ce méli-mélo de branchages avec des angles bizarres est amusant et même plaisant à voir. Et puis ça rend cette plate-bande plus aérée et les hortensias voisins vont apprécier le retour de la lumière. Et puis, ce genre d’arbuste ne rechigne pas à repousser, mêem taillé à ras !

Laissez votre commentaire
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com

Mystères des textes

Je cherche encore les sensations de l’époque de cette lecture. J’étais très jeune et je crois que j’appréciais le fait qu’on s’adressait à moi-lectrice comme à une grande, curieuse et capable d’apprendre mais il y avait un tri à faire, la sensation d’un mystère entrevu et entretenu. En tous cas ce livre m’a ouvert l’appétit pour mes futures et nombreuses lectures autour du comportement animal ! Mais à le relire je m’amuse de constater ce mélange là encore très daté de réticences à aborder le sujet de la sexualité tout en l’abordant sans l’aborder mais quand même mais oui mais non.
Par exemple quand le grillon trouve refuge chez une courtilière, il éprouve quelques scrupules à accepter son invitation du fait du qu’en-dira-t-on. Elle le met à l’aise en avançant son grand âge qui la met à l’abri des cancans du voisinage.
Le lampyre présente un cas bien plus troublant : on dit « un » lampyre, « un » ver luisant, or ce sont les femelles de cet insecte qui restent aptères et attirent les mâles volant aux alentours avec leur abdomen lumineux. Aïe, comment aborder ce sujet tout en l’éludant ? Et bien en mettant paradoxalement l’accent dessus. Le lampyre est présenté comme une « femme » qui veut qu’on la considère comme un « homme », sans autre explication (alors que quand il s’agit des fourmis, l’illustrateur les habille de jupes quand ce sont des ouvrières et de pantalons quand ce sont des soldats, pourtant on dit « une » fourmi…) ; quant à l’utilité de son signal lumineux, elle est abordée d’une façon qui est un chef d’oeuvre de tournicotis autour du pot. Drôles de propos dans un livre de vulgarisation scientifique.


Pour en finir avec le dépiautage de ce livre, il me revient maintenant qu’un des éléments qui m’avaient particulièrement marquée, c’est la scène première dans laquelle une bonne partie de la fratrie du héros grillon se fait dévorer par un rossignol. C’était peut-être la première fois que la mort était abordée ainsi, aussi brutalement et dès le début, dans mes lectures.

Je remercie encore ma marraine de l’avoir cherché, retrouvé et offert, j’ai enfin pu connaître la fin et retrouver ces sensations d’enfance !

Laissez votre commentaire
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com

Etrangeté de la gravure

J’essaie de retrouver la sensation du souvenir lié à ce livre. Il y avait celle de lire pour la première fois des propos scientifiques, même déguisés. Un livre, ô merveille, pouvait donner des éclairages sur ce qui m’intéressait déjà : la vie des animaux. Bien sûr, c’était romancé, mais certains passages étaient précis dans leur description des techniques de chasse par exemple. Je devais avoir sept ou huit ans et jusqu’à présent j’avais surtout lu les Histoires du Père Castor je suppose, ou Le Monde quand n’avais plus rien à me mettre sous les yeux (anecdote véridique… j’étais une boulimique de la lecture), et je découvrais cette sensation exquise d’apprendre, de me faire une collection de petits trésors de connaissances. Sensation que j’ai retrouvée en lisant et relisant les Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre ou en écoutant Sur les épaules de Darwin par Jean-Claude Ameisen. On ne comprend pas tout à la première écoute mais on sent comme des pétillements dans les neurones !
Mais je garde aussi une sensation moins agréable de cette lecture. Tout d’abord très fragmentée, au gré de mes séjours, elle m’était précieuse comme un ami retrouvé, toutefois je percevais qu’il y avait quelque sorte de l’ordre du mensonge là-dedans. Un fatras d’ajouts inutiles que je ne parvenais pas à démêler. C’est en le relisant à l’âge adulte que j’ai mieux perçu le pourquoi de cette gêne insidieuse.

Tout d’abord, pourquoi ce fichu grillon porte-t-il un chapeau haut-de-forme et une cape? Je n’ai jamais aimé les animaux déguisés, même si j’ai tricoté pull et short pour un chat, ou même une souris, et peut-être bientôt pour une poule, mais chut… Disons que je ne les ai jamais aimés dans les livres.

Ce détail n’apparaît pas dans le texte mais dans chaque illustration, et même quand le grillon est entraîné dans un étang suite à un orage, il est montré récupérant son chapeau détrempé à l’aide d’une paille. Un côté « bien comme il faut » qui m’irritait, tout comme m’a irritée et inquiétée plus tard Jiminy Criquet avec son côté « je te l’avais bien dit ». Tiens tiens, là encore un grillon ou apparenté… Je n’aimais déjà pas qu’on s’occupe de ma conscience !

Le texte lui-même est truffé de considérations morales mais c’était le cas de toute la littérature jeunesse dans ce genre d’éditions (lire Tom Sawyer ensuite est un vrai soulagement !) et ce brave grillon, après s’être rêvé un instant roi des fourmis, finit par retourner sous sa pierre pour « cultiver son jardin » et écrire ses mémoires. On y trouve aussi de façon peut-être plus étonnante tout un passage sur les comportements du peuple des fourmis au moment d’envisager une guerre avec la fourmilière voisine, avec un discours très pacifiste (la première édition date de 1877, cet exemplaire-ci n’est pas daté).

Si le grillon porte un chapeau et la fourmi une jupe, les animaux potentiellement dangereux sont laissés à l’état de nature, comme l’araignée ou les carabes. Pourtant l’araignée était devenue une amie avisée du premier. Si elle ne porte pas d’accessoires, ce n’est pas parce qu’il est difficile de lui en inventer un puisque le lampyre est doté d’une queue-de-pie et même… de bras humains. Bzzzzzzgrrrrrggbbbbbzzzz font les neurones devant les images. Ce mélange de justesse dans les informations et de n’importe quoi dans les images était plus qu’étrange et troublait le message, en tous cas à mes yeux d’enfant.

Laissez votre commentaire
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com

Merveilles de la gravure

Dans ces vieux livres illustrés, je finissais toujours par craquer et sauter quelques pages pour regarder les gravures. C’était un indice de la suite, une motivation parfois pour continuer une lecture empêtrée dans de vieilles tournures ou des descriptions interminables, mais aussi l’occasion d’un jeu avec moi-même : à quel point l’illustrateur allait-il s’éloigner du passage en question ? Parfois il s’agissait carrément de contresens, d’erreurs de personnages, de lieux ou d’émotion
, mais parfois, surtout avec les illustrations de Gustave Doré, c’était un… arrêt sur image tant la gravure était fascinante. Comme celle montrant les sept filles de l’ogre dans le Petit Poucet, dormant d’un sommeil repu avec des reliefs de repas sur les draps. Ou la méchante fée Crapaudine (?) dans un des contes de la Comtesse de Ségur. Fascinée par la technique, par la noirceur de certaines images, intriguée aussi plus tard par la présence de deux noms en bas de l’image. Il m’a fallu longtemps avant d’apprendre qu’il y avait celui du dessinateur et celui du graveur. J’ai gardé de cette fascination précoce la plus grande difficulté pour jeter un livre illustré de gravures, parfois je les découpe et je les garde, surtout celles de vieux dictionnaires. 
Brrrr, je viens de retrouver la gravure dont je parlais à propos du Petit Poucet, j’avais occulté le fait qu’elle illustre le moment où l’ogre va égorger ses filles… 

Laissez votre commentaire
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com

Merveilles bis

Maintenant je voudrais parler du livre offert par ma marraine. Je lui avais parlé il y a quelques mois de ce souvenir lié à la maison de ses parents. Elle m’y emmenait de temps en temps et j’en garde des images éparses et fortes. Peut-être parce que j’étais alors en quelque sorte démoulée de la famille, des parents, des frères, de l’école, des copines de « ma vallée bleue », que je me sentais seule enfant au milieu d’adultes, avec d’autres codes, que ceci m’amenait à ressentir les choses différemment. Je me souviens du trajet en voiture, qui me paraissait si long, il me semble que je posais la tête sur les genoux de ma marraine et qu’elle me caressait les cheveux. Je me souviens aussi que c’est dans une occasion de ce genre que j’ai pris conscience de ma respiration et du fait qu’elle impliquait une action musculaire inconsciente et… que si je pouvais la bloquer, un jour elle s’arrêterait. Il y a peut-être une période comme ça dans l’enfance parce qu’à peu près au même âge mon petit frère avait l’habitude de pousser de petits « mhhh » quand il lisait ses Picsou, pour vérifier qu’il « était encore vivant ».

Parmi mes souvenirs, il y avait donc celui de ce livre, un gros livre, lourd, avec des gravures et l’histoire d’un insecte. J’avais surtout retenu la pratique des Sphex (sortes de petites guêpes) consistant à paralyser une proie et pondre son oeuf sur elle pour qu’elle serve de garde-manger vivant et le piège du Fourmilion, un cône creusé dans un sol sablonneux pour attraper des fourmis, comme le nom l’indique.

Des vieux livres de cette sorte, j’en ai lu d’autres, il y avait dans notre maison de campagne des Hetzel ou équivalents que j’adorais, comme les Nouveaux contes de fées de la Comtesse de Ségur, ou Robinson Crusoé, et peut-être même Les voyages de Gulliver dans leur version intégrale, assez inquiétante d’ailleurs avec la partie dans le pays des chevaux. Mais celui-ci m’avait laissé une forte impression, assez mêlée d’ailleurs. J’étais ravie d’apprendre des éléments de la vie des insectes, plaisir que j’ai retrouvé en lisant et relisant les Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre, pressée de lire parce que le temps était compté et je crois d’ailleurs que je ne l’avais pas fini, et en même temps j’en gardais une impression étrange que je ne parvenais pas à définir. Je l’ai mieux comprise depuis en le relisant avec des yeux d’adultes et ça sera le sujet des prochains billets.

Laissez votre commentaire
taintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.comtaintedsong.com taintedsong.com taintedsong.com
Animaregard is powered by WordPress.