Voisinage

Desproges disait quelque chose du genre “le voisin est l’animal le plus proche de l’homme. Trop proche…” Il semblerait que quelques-uns des miens soient d’un tempérament primesautier, voire impulsif. Après la télé retrouvée au petit matin fracassée devant l’entrée de l’immeuble, l’autre jour ce fut au tour d’un élément à la chute moins dangereuse mais assez étonnante quand même: un bouquet de grands lys blancs:

 

Il n’était pas seul à orner la cour de l’arrière de l’immeuble puisqu’un déménagement à la sauvage semblait en cours, meubles en vrac, objets divers et non emballés, la porte menant à la cour maintenue entrouverte par une tour d’ordinateur (sacrilège que de traiter ainsi ce genre d’objet !), et sur le chambranle une trace de sang (le bris du vase qui contenait le bouquet ?).

 

Tout ceci sent la scène de ménage du genre efficace. Alors en cet anniversaire de la mort de Boris Vian, je vous propose d’écouter la chanson suivante:

 http://www.deezer.com/track/303532

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Mouton bis

Après tout, quoi de plus tentant que de tripoter de la laine par ce temps caniculaire ? Bah bah bah, ou plutôt bhêêêê bhêêêê bhêêêê puisqu’il s’agit du mouton seconde version, ça ne demande pas une grande dépense physique, juste une bonne paire de lunettes et un peu (beaucoup) d’obstination. Ca, j’ai…  

Voici donc la bestiole revue et corrigée, avec de délicates volutes piquées une à une pour lui donner un petit air de bestiole d’animation. Il est maintenant beaucoup plus compact du fait de ce rajout de pique-piqûres mais ça va, il garde l’aspect général de l’ovin de base.

mouton en laine feutrée 

Et à propos d’animation, si vous cliquez sur la miniature ci-dessous vous pourrez voir le mouton tourner sur lui-même, grâce à la gracieuse collaboration de ma balance de cuisine et de Mr Gif animé.

mouton en laine feutrée

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rondibi

Vu l’autre jour derrière le muséum, ce petit coin d’herbes folles autour d’une souche.

 

Mis en situation il est plus amusant:

Je me demande s’il ne serait pas plus intéressant d’amener les enfants herboriser dans ce rondibi que dans le jardin du muséeum,  tiré au cordeau et parfaitement ratissé…

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Stressssssssssssssssssssssssss

Je suis en train de racrapoter à vue d’oeil, encore une heure et il ne restera plus sur cette chaise déjà brandigoulante qu’un petit tas racorni, dévoré par le stress: ma fille aînée est-elle admise l’an prochain à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm ? Je viens de l’appeler et j’entendais un fond sonore de brouhaha d’élèves en train de dire à leurs parents sans doute que non, ils n’avaient pas encore les résultats. Finalement je n’aurais peut-être pas tenu le choc si j’avais été mère de famille nombreuse, ces examens qui se suivent mettent à mal ma sérénité légendaire, et on ne se moque pas, s’il vous plait. Ah, et puis ce vent, il m’énerve !!! Jusqu’à présent, je ne le “voyais” pas, la façade de l’immeuble en face m’offrant une vue monolithique impertubable, mais avec les plantes du balcon je le vois les déssécher d’heure en heure, maltraiter les fleurs, me narguer en me mettant sous le nez l’existence d’un dehors et me rappeler que je n’en suis pas. Se promener en plein vent dans les champs, c’est une chose, un plaisir, ça donne envie de crier et de jouer avec lui, de le narguer en se couchant de tout son long le nez dans l’herbe, en se planquant derrière un buisson, mais en ville, c’est une toute autre chose, c’est la bourrasque au coin d’une rue, la jupe qui s’envole alors qu’on a les mains prises, le vélo qui tangue aux intersections, les courants d’air qui claquent les portes dans l’appartement. Et ce n’est pas le jour de m’enquiquiner, j’attends les résultats, plus anxieuse qu’une mère couve qui voit le caneton qu’elle a couvé partir sur la mare.

Bon, aux grands mots les grands remèdes, je vais aller faire du rangement, ça devrait bien grignoter une heure ou deux…

Edit de 15 h:  Ca y est, les résultats sont tombés, elle est admisssiiiiiiiible !!!! Encore les oraux avant le résultat final… le suspense continue mais le petit cheval a avancé d’une case dans la dernière ligne droite. Je vais maintenant essayer d’évacuer l’adrénaline stockée depuis hier matin.

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Gloups

Gloups, ça y est, je viens de boire la boisson vitaminée que ma fille a dédaignée. C’est elle qui passe son bac de français et c’est moi qui stresse, faisant office de paratonnerre humain. Le temps était complètement distordu ce matin: pendant que nous pédalions de concert pour rejoindre le lieu des épreuves, je le trouvais furieusement rapide dans son écoulement, “flûte de flûte de crotte de bique - version censurée - nous allons être en retard, la minute qui va manquer, c’est celle que j’ai perdue à choisir mes chaussures, ou alors celle où j’ai nourri les chats, ou alors au moment de prendre cet itinéraire soit disant plus dégagé !” Le tout pour arriver dix minutes en avance, bien évidemment. Ensuite il s’est étiré en méandres paresseux, 8 h moins dix, elle doit être entrée dans la salle, 8 h moins une, elle va recevoir la feuille, 8 h une, elle doit avoir reçu le sujet, ainsi de suite. Ne parlons pas de maintenant où je tente de faire diversion au trac en rédigeant ce post…

Je suis revenue tout doucettement du centre-ville, avec un détour par le jardin du Muséum, délicieusement désert à cette heure matinale (faut bien dire que je ne suis quasiment jamais dehors à cette heure puisque je travaille depuis mon domicile).

 

Ce fut l’occasion de découvrir une plaque que je n’avais encore jamais remarquée, digne d’illustrer le site GrenobleCmieux (peut-être qu’elle y figure déjà ?) :

Quandf on voit le pont en question, la fierté s’émousse quelque peu m’enfin, c’est quand même le premier au mooooonde, alors…

 

Un petit tour par la roseraie, lumière douce et rasante du premier matin d’été, gouttes de rosée sur les pétales, bref l’archétype de la photo de rose:

 

Et pour rester dans l’hommage à Ronsard, la séquence émotion avec ces fleurs en fin de course, car, comme dit le poète (si ce n’est lui c’est donc un autre): il n’est si belle rose qui ne devienne gratte-cul ! On voit que c’est une journée dédiée à la grandelittérature. Bon, sur ce, je retourne stresser !

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Oiseau bleu

Pfff, des cyclistes sont passés à côté de moi pile au moment où je prenais la photo, et donc envolé l’oiseau bleu,  a pu oiseau bleu. Quelle idée de faire du vélo, est-ce que j’étais sur mon vélo, moi, hein ? Oui, d’accord, mais quand même, j’ai l’air maligne avec ma photo de poubelle…

Pourtant, j’aurais bien aimé capturer l’image de cette perruche ondulée bleu ciel qui voletait derrière la Maison de la Culture. Elle s’était mêlée à une bande de moineaux et les suivait dans leurs effarouchements, à peine posée, sitôt envolée. Le gardien du parking, me voyant arrêtée appareil photo en main, est venu tailler la bavette et me raconter que depuis dix jours ce volatile résiste à toute capture et semble s’être acclimaté à ses nouvelles conditions d’existence. Jusqu’aux premiers frimas sans doute où un chat se régalera d’un plat exotique…

Pourquoi n’y a-t-il pas d’oiseaux multicolores sous nos cieux ? Hein, je vous le demande ? Moineaux, merles, étourneaux, borbeaux, pigeons… rien de transcendant dans la faune ailée de nos rues. Je ne demande pas des paons, ni même des perroquets mais je ne sais pas, un peu moins de sobriété, un zeste d’extravagance, de l’inutile, de la couleur qui rutile, de la plume qui farfasse !

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Traces

Une question au passage, que je me pose depuis quelque temps à propos des traces de passages des avions. Le fait d’en voir autant et à toute heure dans le ciel grenoblois, est-ce typique du phénomène de cuvette ? La présence d’un couloir aérien très fréquenté ?

 

Je suppose que la réponse est “les deux mon capitaine” (repos !) mais la question sous-jacente est: à partir de quand ces nuages artificiels nous seront-ils assez familiers pour qu’on les retrouve dans les dessins d’enfants, la peinture ou les publicités ? L’actualité récente concernant le trafic aérien m’avait dissuadée de parler de ce sujet plus tôt (sans compter ma flemme bloguesque) mais j’ai vu entre temps une pub pour une boisson au citron présentant une jeune femme se désaltérant non à l’onde pure mais sur un fond de ciel pur, simplement traversé par un de ces sillages. Je l’ai remarqué parce que c’est rare ou c’est mon interrogation qui m’a sensibilisée à cette image ? S’il existait des feutres blancs opaques, est-ce que les enfants zèbreraient le ciel de leurs dessins ? En trouve-t-on des représentations chez les peintres contemporains, de la même façon que les impressionnistes mettaient des trains dans leurs tableaux pour ancrer leurs toiles dans la modernité ? Et d’abord, quel est l’âge du capitaine ?

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Tout ça !

J’ai déjà entendu “tout ça” ! Tout ce qu’il y avait dans ces piles:

 

Si je formule mon idée de façon plus cohérente, en un an et quelques, j’ai utilisé… attendez je compte… mettons une soixantainee de piles pour alimenter mes appareils auditifs. En regardant dans la boîte où je les stocke en attendant la bonne résolution consistant à les jeter dans un endroit idoine, je ne me peux m’empêcher d’avoir en tête l’impression que tous les sons nouvellement perçus sont en filigrane dans ces petits boîtiers, que si je les décortiquais je retrouverais quinzaine de jours par quinzaine de jours les traces sonores de ma vie écoulée depuis ce grand changement dans mon existence.

Je ris toute seule en imaginant le schbintz que ça représenterait car dans la mesure où je suis appareillée des deux côtés, il faudrait d’abord que je reforme les paires sous peine d’avoir dans une oreille un brouhaha de conversation et dans l’autre des bribes de concert ou des miaulements de chats !

Je ne me lasse toujours pas de redécouvrir ou plutôt découvrir une audition quasiment normale. Encore différemment depuis la mi-mai où mes parents m’ont offert une radio qui possède de très bons haut-parleurs et une sortie “aux”, je peux ainsi écouter et redécouvrir ma discothéque stockée sur le disque dur de Luïa. Par exemple, ô surprise, je comprends enfin que ce que je croyais être une grande plage de silence au début de certains morceaux était en fait une intro… Sans parler de toutes les nuances que je découvre.

Autre joie sans pareille, je peux débrancher mes appareils en présence de certains enfants qui ne trouvent rien de plus jouissif que de sicler dans les travées d’un train et je suis certaine qu’en écrivant ceci je dois faire des envieux !

Par contre mon cerveau n’a toujours pas réussi à activer la touche “tri sélectif” et je ne peux pas ne pas écouter ce que j’entends et pour me concentrer je suis obligée de tout débrancher pour retrouver l’univers ouaté qui était le mien, celui où les touches d’un clavier sont molletonnées, où les voitures ronronnent, où les oiseaux sont aphones.

Avoir le choix est un vrai luxe et chaque matin je le déguste en remettant en place mes bigorneaux chanteurs !

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Ca m’suffit…

Après des années de négligence de cet endroit, ainsi que l’a immortalisé un célèbre logiciel de répérage dans les rues de grandes villes…

 

… je me suis enfin décidée à nettoyer et fleurir le balcon.

balcon

Ca ne change en rien la laideur de la façade voisine mais ce petit bout de verdure en masque une partie et me suffit pour m’imaginer dans un jardin. Cinq, dix fois par jours je surveille l’avancée des pousses pour les guider le long des fils de fer, je les encourage, je les fais pousser à la force du regard. Dipladenia, pétunias, brin de géranium, pourpiers, pois de senteur, j’ai planté les grands classiques, l’important étant la couleur et la robustesse.

 pourpiers

Les pourpiers me ravissent, des fleurs sans chichis, de toutes les couleurs, renouvelées chaque jour, je ne regrette que leur transformation en lambeaux fondus dès le lendemain de leur floraison. Mais leur luminosité est un régal pour l’oeil et en me focalisant bien sur leur corolle, je peux faire abstraction de l’environnement à l’esthétique disons… minimaliste.

 

Dans la même famille j’ai posé au sol une grande potée d’une autre sorte de pourpiers, plus sobrement d’un orange corail très doux; j’aime beaucoup leur petit pompon rose en feu d’artifice au milieu des étamines !

 

Mais ma préférence va sans doute aux “yeux de Suzanne” ou “Sourire de Zanzibar”, brave plante qui continue à envoyer ses gandimelles de tiges presque là où je lui demande de le faire, aux fleurs simplissimes, comme dessinées et coloriées au feutre, avec le coeur si noir qu’on dirait un coussinet alors qu’il s’agit d’un tube.

 sourire de Zanzibar

Toutefois, leur innoncence n’est peut-être qu’apparente car, comment dire… si on pense à l’histoire de Suzanne, livrée dans son bain aux regards concupiscents de deux vieillards, on peut s’interroger sur les graines qu’elle cache dans un étui en forme de coeur…

 graine de “Yeux de Suzanne”

Mais vous me direz que j’ai l’esprit mal tourné, alors retour à des pensées plus éthérées avec les jeux de la lumière sur les feuilles, avec le regard qui passe du velouté de la surface au labyrinthe des nervures, avec l’impression de percevoir en même temps le dessus et le dessous, le visible et le caché, l’intérieur et l’extérieur. la lumière qui frôle et celle qui traverse, la même pourtant.

lumière et feuille

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Fondamentaux

Après mes errances porcines (vous ai-je dit que mon idole, Michel Pastoureau, a écrit un livre sur le cochon ??? Hiiii hystérique, j’en ai donc encore trois à lire de lui, après le Bleu, le Noir, Les couleurs de notre temps, Couleurs le grand livre et Histoire des tissus rayés !), après mes errances jambonnesques, disais-je, je reviens aux fondamentaux de la laine feutrée, c’est-à-dire une bestiole petit format et en laine non traitée.

J’ai été contactée par une éleveuse de moutons (flûte, il me semble qu’on ne dit pas comme ça, mais éleveuse de brebis, une nuance de ce genre, bref de bêtes qui font mêêêêh) qui cherche à valoriser la laine de son troupeau. Elle m’a envoyé un échantillon de ce qu’elle obtient avec sa nouvelle cardeuse à rouleaux, dont, ô merveille, de la laine noire. C’est un vrai plaisir à feutrer, elle fait crouitch-crouitch sous l’aiguille, se modèle rapidement et j’ai fait avec, sans originalité aucune puisque j’ai suivi l’exemple d’une de ses réalisations, un petit mouton.

mouton 

Il me reste à comparer avec le même genre de petite bête réalisée avec la laine du commerce pour voir s’il y a une différence de rendu mais tout ceci m’a redonné des envies de teintures maison ou de jeux monochromes. Ou si je tondais les chats ? Avec l’été qui arrive, ils seraient peut-être contents ? Ca me rappelle les mésaventures de Papou, alors jeune chat doté d’une voix atroce dont il usait et abusait et d’un sens de la bêtise hors du commun. Une coutume avait été instaurée: à chacune de ses couanneries, on lui tondait une bande de poils sur le dos. Il a fini l’été en chat Gordini, à rayures ! Comme ça il avait moins chaud…

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