Bêchi bêcha bêchons

A côté de la… terrasse ronde ? Rotonde ? Pergola ? Bref, au début à droite du jardin de côté, il y a cette plate-bande un peu beaucoup négligée.

La Bigogne (Bignonia ?), après avoir vaillamment fleuri quelques années, est morte durant l’hiver. C’était l’an dernier le tour du lilas, puis de la spirée. Est-ce un effet du feu bactérien ? Si c’est le cas, c’est la galère car à part brûler les végétaux morts pour éviter la propagation, il n’y a rien à faire. Et comme on n’a pas le droit de brûler… Même en ce moment la maréchaussée a sans doute d’autres chats à fouetter que surveiller le respect de ce genre de consignes.

Bref, j’ai arraché la souche et j’ai empoigné la bêche.

On revoir le contour de ce qui devait être une rocaille et a dû l’être un an ou deux. Au premier plan, ce sont des pierres en tuf ramenées dans le sac à dos au retour de promenades qu’il faisait avec ma mère. Si ce ne sont pas elles, ce sont leurs soeurs, parmi toutes les pierres qui entourent les massifs de cette partie du jardin. Une pierre par promenade, et ils se sont beaucoup promenés.

J’ai gardé une primevère, j’ai viré le lierre, l’herbe-à-Robert qui a des racines rouges, la chélidoine qui a des racines jaunes et j’ai semé des graines de « fleurs tapissantes qui n’ont pas besoin d’être arrosées ». Je n’y crois qu’à moitié, l’endroit n’est pas très bien exposé tant la glycine a envahi la structure voisine. Mais on n’est pas à l’abri des bonnes surprises et la plante qu’on voit juste avant l’alysse qui colonise l’allée aura de quoi prendre ses aises. En presque dix ans elle a trouvé sa place, elle fuit l’ombre et le lierre et fleurit longuement en bleu, dès la fin de l’été.

De quoi semer dans tout le jardin

Devant la maison, j’ai semé le mélange « pop art ». Il me reste à trouver où semer le reste. Des idées ?

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Dérisoire ?

Ca me parait bien dérisoire de poster des images de jardin mais comme mes filles sont les seules à regarder de temps en temps ce blog à l’abandon, c’est pour partager avec elles un bout de « dehors » que je vais poster quelques images de temps à autre.

Les violettes ont réussi à se faufiler sous les lames de la tondeuse. Il y en a de plus en plus devant la maison, c’est joli mais peu odorant. Voire pire puisqu’elles sentent au mieux le crottin de cheval.

Les jonquilles contournées sont des rejetons de celles que mon grand-père avait plantées dans de petits massifs cernées de tuiles (dans mon souvenir du moins). Elles prospèrent et sont toujours aussi moches. Verdâtres, fanées avant de se déplier et robustes comme l’ennui. Je ne peux pourtant me résoudre à les tondre puisqu’elles apportent les premières couleurs du printemps.

Bigoudi, ravie d’avoir de la compagnie dans le jardin, a moins d’états d’âme concernant la préservation de la flore.

Le projet « fleurs diverses » prend forme. J’ai bêché un bout de terrain devant la maison, il me reste à choisir parmi les quatre paquets de graines achetés il y a un mois. Il y en a beaucoup trop mais c’était trop tentant.

Bientôt ici splendeurs et opulence végétale. Si les limaces ne s’en mêlent pas.
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20 mars 2020

Cette période de confinement produit des effets inattendus et partagés par beaucoup apparemment : le changement d’environnement sonore. J’ai l’impression de retourner vingt ans en arrière dans le jardin, avec le chant des oiseaux à nouveau audible. Même si ce ne sont plus les mêmes. Je ne vois plus de pinsons ni de verdiers, encore moins de bouvreuils. Quelques mésanges, des moineaux, une sitelle et les tourterelles.

Dans mon souvenir, jardiner c’était ça, les mains dans la terre et les oreilles dans le ciel, me sentir un petit bout de quelque chose. C’était devenu une corvée entre les murs du terrain pour contenir ce qui revenait sans cesse. Maintenant c’est un mix étrange, entre plaisir de pouvoir être dehors, perception accrue des limites entre protection et obstacle, sensation de dérisoire au moment de semer des fleurs, et ce mélange de compassion et d’irritation quand un hélicoptère survole à basse altitude la commune : un malade à transporter en urgence à l’hôpital voisin ou une imprudence en montagne ?

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Back to the jardin

Depuis mardi matin, vers 11 h, le confinement a commencé et me voici donc avec du temps disponible pour remettre en état le jardin. Ou du moins lui prodiguer quelques soins dont il avait bien besoin.

Tout d’abord, tondre. Ce qui n’avait pas été fait depuis fin juin, la canicule s’étant chargé de limiter la repousse. C’est une tonte en mode hommage à Gaston Lagaffe puisque je contourne les plants de narcisse (ou jonquille, j’oublie chaque année leurs différences).

Je vous montre l’avant/après, au passage admirez la floraison du cerisier japonais, ce sera sans doute une des dernières car il semble bien malade.

Avant, façon pelage de Chérie
Après, luxe, calme, volupté et tondeuse

Pendant qu’on parle pelouse, en choisissant bien l’angle de vue, celle qui a été semée sur le gravier devant la maison a bien voulu pousser. Pas partout mais quand même.

Si, si, tout à droite, on voit du vert.

Voilà pour aujourd’hui, j’ai entamé d’autres travaux mais je ne montre pas tout à la fois, j’en garde pour les jours de pluie qui finiront par revenir.

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Abeille migratrice

Petite abeille ira loin si je finis de peindre l’assiette à temps. Elle est destinée au copain taïwanais de ma fille, encore une dizaine de jours avant son départ, je devrais être dans les temps.

Ma vue n’étant plus ce qu’elle était, je n’ai pas peint chaque poil de patte comme je l’aurais fait auparavant mais ce n’est pas plus mal, j’apprends enfin, par la force des choses (et la faiblesse des lunettes) à accepter un rendu un peu plus flou. Et j’aime bien. Il ne me reste plus qu’à me risquer au grand format et ce sera la révolution culturelle et picturale ! Mais je n’en suis pas encore là…

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Conte nocturne

Il y a des endroits où on passe, d’autres où on entasse, parfois ce sont les mêmes et celui-ci regroupe ces deux fonctions sans que je ne prenne la peine de m’y arrêter autrement que pour tailler le cotoneaster multirécidiviste. En effet, depuis que j’ai entrepris de le tailler « en nuages », je me rends compte qu’il pousse à une vitesse incroyable et que ce n’est pas une ou deux fois par an qu’il appelle le sécateur mais plutôt une ou deux fois par semaine. Aussi quand j’emprunte ce bout d’allée qui mène au jardin de côté je ne regarde guère que lui ou l’olivier pour décompter ses fruits. C’est vite fait, il y en a cinq… Mais c’est déjà ça !
Pourtant l’autre soir je me suis arrêtée sur cette allée, à l’abri de l’avancée du toit et donc de la pluie, le temps de fumer une cigarette. La lumière était allumée dans la resserre et éclairait ce que je ne regarde plus : ce grand coq en métal, rélégué ici je ne sais plus pourquoi, le petit coq censé alerter quand la terre du pot est sèche et dépourvu de piles depuis longtemps (a-t-il jamais fonctionné, je ne crois pas), l’escargot en fonte tire-bottes tout aussi inutilisé, posé sur la plaque de béton cellulaire sortie d’une cave pour y forer des niches à insectes et oubliée ici. Tout le bric-à-brac des objets posés là un instant qui s’étire sur des mois. Ou plus. La pluie, la nuit, la lumière adoucie par les vitraux peints sur les vitres de la resserre, le temps ouvert de la pause cigarette m’ont fait voir autrement cet assemblage qui n’était plus disparate mais une sorte de bavardage de formes et de teintes, comme si j’avais surpris une scène d’un conte de fées, ceux où les animaux parlent. Les animaux de Brême nouvelle version, deux coqs et un escargot !
(Texte écrit en septembre et enfoui dans les brouillons suite à une mauvaise manip et retrouvé ce matin. Bientôt en ligne si WordPress daigne charger le fichier… Pfouuu… C’est long !)
(Une mise à jour plus tard et quelques réglages plus loin, il semblerait que j’aie dompté la bête. Pour le moment.)

 

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Rêveries minérales

Comment cet petit objet étrange, de quelques centimètres de long, a-t-il pu se retrouver sur le lit d’extérieur surplombé d’un auvent ? Il n’a pas pu se décrocher de celui-ci puisque l’installation n’est en place que depuis une dizaine de jours, il ne peut pas provenir du muret puisque je l’ai masqué avec un paravent molletonné. Un oiseau aurait-il été sujet à la même méprise que moi qui ait tout d’abord confondu ce petit tuyau strié avec une larve ? Même si j’ai plutôt tout d’abord soupçonné une des chattes d’avoir laissé un souvenir odorant sur le matelas.

Mais d’odeur point, juste une boue très fine, séchée et durcie au soleil pour former quatre loges annelées. Quel animal a bien pu les construire ? Seule la loge terminale est ouverte, laissant entrevoir un intérieur parfaitement lisse sans trace de cocon. Est-ce la larve elle-même qui s’emmure ou la mère qui maçonne à l’avance des berceaux rustiques et superposés ? Je ne vois pas de point d’accroche ni même de surface plus aplatie, rien qui puisse me guider vers une compréhension de la logique interne de cet assemblage. Sur la loge latérale on voit le bouchon appliqué comme un opercule plus bâclé, je croirais sentir le soulagement du dernier geste d’un boulot fastidieux. Ce bouchon accrédite l’hypothèse d’un travail maternel, une larve ne pourrait pas l’appliquer elle-même.

A regarder cet assemblage, j’hésite entre des pommes de pins miniatures et des amphores à gouttes de miel. Ou le bouton de la prêle. Des bourgeons fossilisés, quatre petits tatous à la queue-le-leu. Ou des crottes. J’ai beau secouer ce hochet miniature, nul bruit ne parvient à mes oreilles. Je ne sais pas s’il y a toujours trois habitants enclos et je n’ose faire usage d’une lame pour vérifier, je préfère rêver à une sieste à l’intérieur de ce petit cocon minéral, en imaginant qu’il me poussera des ailes quand le temps sera venu.

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Troisième essai

Comme ma fille aînée m’a offert un Bullet Journal prérempli de ses blanches mains pour au moins le mois à venir et que je suis une mère obéissante, je mets des petites cases à remplir chaque jour (depuis hier) et parmi elles reprendre la tenue de ce blog. Mon premier essai hier s’est soldé par un échec cuisant. Je m’étais installée sur la terrasse du jardin de côté de la maison, une petite table, une chaise et la vue sur les plate-bandes, pas une inspiration à décoiffer les neurones mais de quoi rédiger un petit billet. Sauf qu’en l’écrivant directement sur WordPress, il a tenté de le publier alors qu’il était hors wifi et s’est bloqué, comme un gamin à qui on demande de passer à table ou de faire ses devoirs et qui s’obstine à finir sa partie. Moralité, j’ai bien dû admettre qu’à force de passer de PC à Mac puis à iPad puis un autre iPad, j’apprends à chaque fois de nouvelles manips et en oublie autant. C’est comme une boîte de Lego dont on changerait les pièces régulièrement, je cherche à faire toujours le même château mais je ne trouve plus les mêmes briques.

D’ailleurs, j’en suis à mon troisième essai de publication de ce petit billet de rien du tout, entre temps le ciel s’est voilé et la photo que je vais tenter de joindre ne sera plus le reflet de l’ambiance du jour de l’écriture mais je ne saurais faire mentir ma réputation d’obstination digne d’une chèvre ! Comme je me suis rabattue sur un autre lieu pour écrire, à savoir la table de la resserre, je mets une deuxième photo pour cet exercice de mise en jambes bloggesque.

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Mea culpa

Je dois faire mon mea culpa. Dans un billet datant d’il y a quelques années, j’ai médit, c’est ma faute, ma très grande faute. J’ai médit des poules. Le destin s’est chargé de m’en punir en m’amenant à en côtoyer une de près, très près, trop près parfois. C’est une amie de ma mère qui s’est trouvée en charge d’un poussin dont elle ne savait que faire et nous a proposé de l’adopter. Ni une ni deux, je suis allée chercher la bestiole et c’est ainsi que Mémène, la poule, pupille de Mémaine, sa propriétaire durant une semaine, a fait son entrée dans nos vies. 

C’était alors un poussin d’une dizaine de jours, poussant de petits pépiements d’oisillon, très attendrissante boule de duvet que j’ai gardé constamment avec moi pendant deux jours, enroulée dans un torchon pour qu’elle reste au chaud. Puis elle est restée en liberté dans ma chambre quelque temps, au grand dam du parquet d’ailleurs, avec moins de présence mais assez apprivoisée pour accourir dès que j’arrivais. 

Si au départ nous avons craint que le chien et les chattes ne lui fasse un mauvais sort, il s’est avéré que nous nous inquiétions pour rien. Cette poule a un fort caractère et elle a mis tous les animaux à l’amende. Et c’est même le chien que nous devons protéger d’elle quand elle a décidé de le pourchasser pour lui chiper son os, ou la chatte quand Mémène estime que c’est à son tour de se faire câliner à sa place.

Elle monte sur le banc à côté de ma mère pour lui tenir compagnie, elle réclame sa dose d’insectes séchés quand elle a pondu son oeuf, elle tape à la fenêtre quand elle a envie de présence et elle aime qu’on lui caresse le cou, la tête et même les caroncules. Mais pas la crête. 

Elle a aussi la manie bien plus désagréable de piquer les mollets quand on ne s’occupe pas suffisamment d’elle à son goût. Ce qui n’est guère pratique pour jardiner en sa présence. 

C’est la première fois que je suis côtoie ainsi un oiseau et ça m’émerveille encore de pouvoir en manipuler un sans que ce soit le signe d’une maladie ou d’un accident chez lui. Le plumage n’a tellement rien à voir avec le pelage ! C’est un plaisir mêlé d’étonnement que de voir comment les plumes glissent les unes sur les autres là où celles du cou rejoignent le dos. Glisser un doigt sous celles du jabot pour trouver le duvet si chaud et doux pour la gratouiller doucement, son petit gloussement de satisfaction quand elle reste tétanisée pour que le câlin continue, sa manière d’accourir (de façon ridicule, certes) quand je l’appelle, tous ces petits plaisirs font que je suis en train de me réconcilier avec la gent volatile. Et puis, elle pond un oeuf chaque jour !

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Sécati sécatons ! 

J’ai le sécateur qui me démange, comme à chaque printemps. Ou été. Ou automne. Mais pas l’hiver, là je développe plutôt des envies de tronçonneuse histoire d’expliquer quelque peu aux arbres qu’il y a des limites à leur domaine.

Cette fois c’est le « cotonaester qui n’en est pas un mais je ne sais plus son nom » qui a pris cher. Quand j’ai commencé à m’en occuper, il y a bientôt six ans, il menait sa vie tranquille d’arbuste planté devant le muret, avec ses frères. Eux ont mal fini, dépenaillés, dégingandés, ils ont fini par se faire ratiboiser. Mais lui, à force de taille systématique en passant devant pour aller dans le jardin, avait fini par prendre une certaine ampleur. Et même une ampleur certaine. Trop certaine.

Alors je lui ai appliqué ce qu’on appelle une taille en nuages. Un peu étriqués les nuages parce que j’ai dû supprimer beaucoup de branches maigrelettes qui finissaient en petits panaches pour former le volume apparent final. Mais ça va, je suis contente du résultat parce que ce méli-mélo de branchages avec des angles bizarres est amusant et même plaisant à voir. Et puis ça rend cette plate-bande plus aérée et les hortensias voisins vont apprécier le retour de la lumière. Et puis, ce genre d’arbuste ne rechigne pas à repousser, mêem taillé à ras !

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