Tigre, suite de la suite

Alors que je les ai commencés quasiment en même temps, le tigre prend déjà une avance considérable sur la girafe. Il y a plusieurs raisons à cet état de fait: tout d’abord la girafe est une redite, ce qui suscite moins l’intérêt de la découverte d”une anatomie en détails, d’autre part le copain de Claire me semble un peu curieux de voir pousser la bête aussi j’aimerais bien l’avancer avant son départ prochain, et enfin, hélas, j’ai fini mes stocks de fil à couper le polystyrène et me voici fort marrie pour dégrossir le cou de la bestiole !

Malgré ces raisons, bonnes ou mauvaises, elle avance, se dégage de la masse mais je suis encore loin de pouvoir songer à la pique-piquer puisque pour ne pas avoir l’impression de faire deux fois la même chose je vais m’attacher dans son cas à la rendre plus réaliste, moins “girafounette”.

Voici l’état actuel du tigre:

Une base de blanc, une première couche de laine orange que je nuancerai par la suite avec des bruns, la truffe et, même si on ne le voit pas sur la photo, l’intérieur de la gueule, du moins le palais. Je me demande comment je vais réussir à faire la mâchoire inférieure mais je trouverai bien une solution le moment venu, je fais confiance à mon obstination légendaire !

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Tigre suite

tête tigre laine feutrée

Petit à petit Hélène fait son nid à tigre. La mâchoire inférieure et les oreilles seront faites à part. Pour les oreilles, les raisons en sont très simples: je ne peux pas obtenir une épaisseur aussi fine en polystyrène et de toutes façons elles ne résisteraient pas aux coups d’aiguille. Pour la mâchoire inférieure, je la réaliserai à part pour pouvoir insérer la langue et les dents sans problèmes.

J’en suis au stade du ponçage mais cette fois je prends mon temps, je ne voudrais pas me retrouver comme pour le renard avec une structure pas assez précise. Déjà, en regardant la photo, je vois que l’emplacement de l’oreille n’est pas assez incliné et que le décrochement qui servira à raccrocher la mâchoire est trop reculé. Il ne faut toutefois pas que j’oublie que j’ai prévu que les babines du haut seront faites en laine feutrée et que donc le mufle final sera plus massif que ce que j’ai obtenu jusqu’à présent.

Je dois avoir une mémoire de poisson rouge: j’oublie très vite à quel point cette phase demande du temps et de l’attention. Je ne suis pas une familière de la sculpture, même si ma manière de dessiner s’apparente dans mon esprit à cette pratique: je sculpte par les ombres et la couleur. Dans le cas actuel, je commence par retrancher sachant qu’ensuite j’ajouterai de la matière avec la laine. En fait, c’est très proche de la taxidermie… Je recouvre une base de laine au lieu de la recouvrir de peau. Un jour, c’est sûr, je craquerai pour des yeux en verre pour animaux empaillés ! Dès que je trouverai un fournisseur, ou plutôt dès que j’en chercherai un. Un bocal plein d’yeux en verre, de toutes les couleurs, mhhhh, ça fait envie !

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C’est reparti !

Puisque les trois plus grandes têtes ont été acquéries, acquisationnées, bref achetées pendant l’expo, je me relance dans la production. Surtout ne pas se laisser abattre. J’ai réuni les documents pour la documentation, dessiné le contour des profils sur les plaques de polystyrène et découpé le tout, à la grande joie des voisins sans nul doute aucun. Profitant de mon élan, j’ai préparé deux têtes: un tigre et une autre girafe. Ensuite je vais passer à la phase où je vais dégrossir le relief, dans une douce odeur de polystyrène cramé, avant d’enfin aborder la partie la plus plaisante qui consiste à “colorier” la base obtenue avec la laine feutrée.

tigre laine feutrée base profil

girafe laine feutrée base profil

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Et alors, à Mens ?

(Puisque le jeu de mots “Mens alors” a déjà été pris pour un festival qui a lieu en Août…)

Une petite visite guidée de Mens, charmante bourgade du Trièves:

Mens, sa vieille halle:

Sa fontaine moyen-âgeuse:

Ses vieilles pierres:

Ses engrangeous (avancées du toit pour permettre de monter les ballots de foin) :

Son affichage contestataire:

Son sens du voisinage:

Et enfin, le lieu d’exposition :

Voici l’accrochage de mon expo dans cet Atelier:

Et quelques extraits du très gentil article écrit dans le Dauphiné Libéré par une fort sympathique journaliste conviée au vernissage, Françoise M (avec une initiale pareille, nous ne pouvions que nous entendre !) :

“Vendredi soir le vernissage à l’Atelier de l’exposition d’Hélène M. a ravi toutes les personnes présentes. Ses tableaux animaliers en laine feutrée ont été appréciés pour leur originalité, leur côté ludique et la qualité de leur réalisation. …/… Ces animaux sont comme des clins d’oeil à l’enfance mais ils sont aussi les témoins de l’univers enchanteur d’Hélène qui, telle une bonne fée, donne au loup les doux yeux du mouton…/… une exposition qui a même un aspect roboratif sur les esprits les plus sérieux. Une légèreté gracieuse qui sublime le monde animal.”

 Wouahouh…. j’en suis encore toute retournée ! J’espère avoir l’occasion de la remercier pour ses propos qui en tous cas ont eu un effet roboratif sur moi après toutes ces journées passées à encadrer.

Sinon, je dois bien avouer que je ne connaissais pas Mens et que j’ai trouvé l’endroit et les gens très sympathiques, d’autant plus que ce fut aussi l’occasion de retrouver des amis perdus de vue depuis quelques temps. Et, cerises sur le gâteau, quatre, peut-être cinq, têtes d’animaux en laine feutrée ont trouvé acquéreurs ! Certes, je ne m’étais pas préparée à dire adieu au loup ni au renard tandis que la girafe et l’escargot ont un côté sympathique qui me faisait craindre le pire ou le meilleur pour eux. Il me reste donc à faire provision de cd de percussions pour trouver le rythme et refaire d’autres têtes-trophées-peluches pour les prochaines expos !

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Radio d’été et expo

Voilà, on peut dire grosso modo que tout est encadré, du moins le principal. Si j’ai le temps je rajouterai deux ou trois dessins anciens. J’ai fait une sélection parmi mon stock, privilégiant pour une fois l’aspect coloré plutôt que les “prouesses” techniques au poil près pour équilibrer avec les têtes-trophées en laine feutrée avec leur côté ludique et les teintes assez soutenues.

J’ai fait découper hier des plaques de verre anti-reflet, à prix exorbitant (et encore, je n’ai pas pris le très haut de gamme) pour me rendre compte en les mettant en place une fois chez moi que ça floute un peu le dessin. J’ai hésité à les utiliser mais finalement, il vaut mieux un dessin protégé et un peu flou qu’un dessin abîmé par les manipulations ou protégé par un verre classique dans lequel se reflètent parfaitement les éclairages et le fond de la salle. Comme je ne suis pas très grande, c’est un phénomène que je déplore souvent pendant les expos et je garde le souvenir peu ému de ribambelles de spots lumineux au lieu de dessins sans nul doute admirables.

Alors c’est fait, comme vous pouvez le voir ci-dessous:

 

Au passage je montre une des miniatures: un hibou grand-duc peint à l’aquarelle sur une minuscule toile (6 x 4 cm). J’aime dévoyer ainsi les techniques…

 hibou

J’ai découpé cartons et papiers jusqu’à des point d’heures tout en écoutant la radio. C’est mon bonbon de chaqué été, ça, retrouver les émissions estivales de France Inter. Une évocation de chaleur nocturne, de fenêtres ouvertes, de travail décalé, d’une certaine forme de solitude sereine, de connivence bizarre avec une radio et d’autres auditeurs supposés. Je retrouve mes irritations annuelles et devenues rituelles à l’écoute de certaines voix, j’écoute religieusement Night and day et ses retransmissions de concerts de jazz, moi qui n’aime pas le jazz en dehors de bruit de fond de vernissage, et je suis même le Tour de France !

Bon, le Tour de France, ce n’est pas pareil, c’est une histoire de famille. Ou presque. Disons qu’une arrière-arrière-grand-cousine a épousé quelqu’un de la famille du fondateur du Tour et que par de multiples héritages il est échu dans la maison de mes parents des restes d’argenterie et de trousseau marqués du monogramme FD (D comme Desgranges, le dit fondateur). Ca ne m’amène pas jusqu’à m’intéresser aux résultats mais ça titille ma fibre maniaco-fétichiste du souvenir, toujours les mêmes, un peu usés, un peu rétrécis, un peu beaucoup enfoncés et déformés dans l’ornière de la mémoire à force de se répéter: quelques images et sensations d’avoir vu passer les cyclistes au Col de la Charmette, je crois, quand j’étais une petite fille de je ne sais plus, 4 ou 5 ans. Une attente très longue, c’est surtout ça qui me reste, une certaine qualité d’attente, celle de l’enfance, attente sans but fixé faute de le comprendre et de pouvoir l’anticiper, blottie contre ma mère sur un plaid sans doute à carreaux rouges et verts, avec l’odeur de chien mouillé et d’essence du tissu gardé dans le coffre au-cas-où. Odeur synonyme de pique-nique, de siestes sur les aiguilles de pin, de melon et de limonade, de gourde qui sent le mal séché mais tant pis, on a tellement soif. Toutes ces odeurs qui sont de “bonnes odeurs”.

Plus l’odeur spécifique du Col de la Charmette, odeur de sapin, très forte, prégnante, de mousse humide, de ruisseau pas très loin, juste là dans le creux ombreux, parfois ravin inaccessible à qui ne connaît pas les sentiers, odeur de la Chartreuse qui n’est qu’à elle, si si, de l’air léger et pétillant qui donne des fourmillements dans les jambes et la certitude présomptueuse que l’on escaladerait les monts alentours d’un seul élan. Mais n’est pas Mémène qui veut, qui à 81 ans entraîne des jeunesses pour les rôder aux longues marches et avale la Grande Sure comme je vais à l’épicerie du coin…

La présence de la forêt tout autour, forêt magique, forêt à loups certainement, où l’on dit avoir vu des lynx, forêt pour se perdre. Mais forêt privée aussi, que je savais découpée en parcelles puisque les Faure en avaient leur part. Je trouvais ça un privilège incroyable, incalculable, inabordable à mon esprit d’enfant. Qu’un champ soit propriété privée, ça entrait dans le domaine de l’habituel, de l’utilitaire. Mais une forêt… Une forêt, c’est plus qu’une somme d’arbres, c’est une géographie, un univers, du fantasmagorique, on entre dans une forêt, on n’en sort pas. Je veux dire par là qu’on en sort différent à chaque fois, ébloui par le retour de la lumière et la présence du ciel mais déjà dans le regret étrange des pas qui s’enfoncent dans le sol parfois spongieux, parfois crissant d’aiguilles et de brindilles, de la petite peur nichée derrière chaque tronc d’arbre, de l’espoir de surprendre un écureuil, un oiseau, pour finalement tomber sur l’énième fourmilière encore plus énorme que la précédente, aussi somptueusement indifférente que la précédente, de la bulle de silence qui accompagne son avancée et vous fait vous sentir indésirée et passagère transitoire d’un univers qui n’existe tel qu’en lui-même qu’en votre absence, à moins d’avoir la patience de cesser d’exister pour devenir mousse, caillou, lichen, écorce.

Voilà tout ce qu’il y a pour moi derrière les mots “Tour de France”. Peu à voir avec la réalité mais c’est ma réalité à moi, celle qui m’accompagne.

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Au four et au moulin

On ne peut pas être au four et au moulin, préparer l’arrivée du gendre n°1 en remuant tout l’appartement pour lui redonner (donner ?) un aspect avenant, encadrer moult dessins et bloguer. Alors hier je n’ai pas blogué et aujourd’hui je vous montre simplement le résultat le plus tangible des activités de la journée: l’encadrement de cinq miniatures réalisées il y a quelques années mais jamais mises en valeur.

Ce n’est pas tout à fait fini, il manque le verre et la bordure finale qui sera réalisée avec le même papier que celui du liseré autour du dessin. Mais quand j’en serai à ce stade, macache pour scanner à cause du verre !

Il s’agit de petites aquarelles sur papier, de 5 x 5 cm. Les avoir encadrées me donne envie d’en refaire d’autres…

éléphants

miniature escargot

gorille

singe

tigre

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Nicotine et effets secondaires

Fumer, c’est mal, certes, mais toutefois, parfois, quelquefois, il arrive que les retombées n’en soient pas que négatives. Je veux parler de la fréquentation des bureaux de tabac.

Il y a quelques jours ça m’avait valu d’entendre cette fin de conversation (ne pas oublier de mettre une bonne louche d’accent dauphinois):

La buraliste: Qu’est-ce qu’elle devient, la petite X ?

La cliente: Oh, elle a bien changé. Je l’ai vue l’autre jour, elle est devenue insolente ! Moi je dis, c’est depuis qu’elle fréquente…

Ah, ce verbe “fréquenter” employé sans complément d’objet direct ! Devenu intransitif et prononcé “fréquaïinnter”, il est lourd de turpitudes supposées, d’un passage suspect de la petite enfance à une jeunesse irrespectueuse. L’élément masculin non-désigné ne pouvant être alors qu’une figure du vil suborneur, consommateur et dévoyeur de pures jeunes filles si polies jusqu’à alors.

Ce matin, autre bureau de tabac, autre conversation:

La buraliste: Vous avez vu, quand même, c’est une femme, moi je dis qu’elle est exceptionnelle (Ingrid Betancourt). Avoir supporté ce qu’elle a supporté…

La cliente: Et puis, moi ce qui m’a frappé, c’est sa peau. Vous avez vu sa peau? Parce que quand même (très important ça, l’itération des “quand même” en pays dauphinois), vous allez pas me dire qu’ils ont de la crème Nivéa dans la jungle !

Puisque c’est ça, je m’en grille une petite !

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Bleu, rouge, vert.

Je suis plongée dans la lecture du livre “Bleu - histoire d’une couleur”. Je le pensais intéressant et je le découvre passionnant. Ca ne se lit sans doute pas d’une traite mais c’est une manière d’aborder l’histoire et la culture qui apprend énormément et soulève des questions toutes neuves. En tous cas, quel travail monstrueux que de compiler toutes ces informations, j’en bave d’envie et d’admiration.

Au passage ça m’a remis en mémoire un passage de l’enfance de mes filles. J’apprenais à la cadette le nom des couleurs en lui montrant le contenu d’une boîte de crayons. “Jaune, orange, rouge, rouge foncé, rouge clair…” et là elle s’est mise à pleurer à gros bouillons. J’ai fini par comprendre (à l’époque sa dysphasie infantile rendait encore la compréhension de ses paroles assez aléatoire) qu’elle était très triste de se rendre compte que nous avions baptisé une couleur du prénom de sa soeur aînée (Claire) et qu’elle n’avait pas eu droit à cette marque d’attention. Du coup il y a eu un “rouge Claire” et un “vert Alexandra”…

Est-ce un hasard si l’aînée s’est longtemps habillée tout de rouge et la cadette désormais tout de vert ???

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Ca m’apprendra !

Hier soir je suis allée rejoindre le Matou sans emporter mon appareil photo et je le regrette parce que ce matin sur le chemin du retour j’ai vu une nouvelle fois ce que j’aurais aimé fixer sur la comprenette de l’APN, cette maison démolie dans une petite rue adjacente au Cours de la Libération. En fait ce n’est pas la maison que je voulais photographier mais ce qui est encore visible sur le chantier, c’est-à-dire un pan de mur de clôture couvert d’une fresque représentant une balustrade et des feuillages. Le genre de choses que j’ai peint sur les murs de mon couloir; je dois bien reconnaître que cette proximité participe à mon attendrissement devant ce genre de vision mais j’ai toujours été fascinée par ces restes d’intimité exposés, rectangles de vieux papiers peints suspendus à des façades éventrées, fantômes de cadres dont il ne reste que la marque plus claire, bouts de canalisations pendigouillant, ces petits bouts d’anciens “chez moi” devenus obsolètes. Pour une personne qui a toujours vécu ou presque dans le même appartement, cette fragilité mise en évidence est à la fois inquiétante et réjouissante, preuve que rien n’est définitif.

L’émotion que j’ai ressentie devant ce bout de fresque préservée ou temporairement oubliée est liée à différentes couches d’histoires que je me raconte dans cette petite rue ou plutôt impasse, la rue Rochambeau pour ceux qui connaissent Grenoble. Il émane d’elle une impression assez étrange, de presque luxe passé, disparu puis revenu, d’usages oubliés et de nouvelles façons d’investir le quartier. Elle doit mesurer quoi… 100 mètres ? Je n’ai pas la notion des distances. De très gros platanes la bordent, comme si elle avait eu auparavant un statut de prestige. Peut-être que fut un temps elle ne butait pas sur la voie ferrée et amenait directement à ce qui était une grande caserne et a été remplacé par un parc et un lot d’immeubles ? Il y a quelques années encore une des villas était le siège de je ne sais plus quoi pour l’Italie, genre consulat. Je trouvais ça très classe et décalé dans ce quartier.

Un petit bout de rue mais quand même trois bars, indices d’une vie passée plus grouillante, un cordonnier spécialisé dans les chaussures de montagnes, des villas décrépies et d’autres retapées par de jeunes couples sans doute, attirés par ce quartier d’écoles. A son extrémité, un passage souterrain qui permet de franchir la voie ferrée. C’est ici qu’il y a trente ans ou plus un jeune garçon a disparu. Il a été vu s’y engageant mais plus jamais ensuite. Trente après je n’aime toujours pas que mes filles empruntent ce passage pour aller voir des amies alors que je le prends presque quotidiennement sans jamais avoir fait de mauvaises rencontres mais les mères-poules s’attachent aux légendes…

Cette rue donne donc sur le cours Jean-Jaurès ou cours de la Libération, je ne sais jamais comment il s’appelle à cet endroit. La plus longue avenue rectiligne d’Europe dit-on. C’est certainement vrai puisque Grenoble c’est mieux ! Un autre souvenir pour moi, les départs en vacances vers le midi quand j’étais pitchounette, elle me paraissait interminable alors que l’excitation du départ me rendait toute trépidante. Tous ces feux, ces immeubles, nous étions encore bien loin des promesses des vacances, du camping et du rythme léger des vacances. Ce n’est que très tardivement que j’ai compris que cette avenue n’est que bordée d’immeubles et que toutes les rues adjacentes ou parallèles ne sont que petites villas, du moins sur la partie sud. J’avais ressenti alors l’impression d’une… ville creuse.

Alors, qu’est-ce qui va être construit à l’emplacement de cette villa ? Immeuble ou groupements de petites maisons qui ressemblent à un immeuble couché ? Vont-ils garder ce bout de fresque comme décoration puisque les bulldozers l’ont étrangement épargné ? Je le saurai dans quelques mois.

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Ce matin, un lapin…

Enfin, j’ai réussi à l’avoir ! LE lapin, pour ne pas dire MON lapin, celui que je vois de temps à autre, tôt le matin ou en fin d’après-midi, en train de brouter le gazon devant l’école de musique, autant dire presque en pleine ville. Je ne sais pas si c’est un lapin apprivoisé laissé à son aise dans une partie herbeuse et grillagée ou s’il s’agit d’un représentant d’une garenne urbaine. En tous cas il présente le pelage chatoyant du lapin sauvage, le même aspect que ceux qui gambadent sur le bord de la piste cyclable qui mène au parc de l’Île d’Amour.

Ce matin-là j’ai pensé à emmener et préparer mon appareil photo, j’ai profité du faible passage de cyclistes peu après 7 h du matin et clic (oui, mon APN fait clic, un “faux” clic mais il le fait quand même, j’aime bien) et je l’ai surpris en plein broutage.

C’est le genre de choses qui me réjouit, ces petites rencontres fortuites qui agrémentent un trajet maintenant maintes fois parcouru, par tous les temps et bientôt toutes les températures.

Il y a un lapin sur cette photo, à gauche du buisson, la preuve:

 

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