Zibou encadré

Le fond doré est fini et le dessin est posé dans le cadre qui lui a été dévolu par avance.

 

Il fait si gris aujourd’hui que j’ai eu du mal à photographier l’ensemble mais ça donne une idée malgré tout. Les feuilles métalliques sont de différentes teintes, ça me rappelle le mouchetis des feuillages et les parties dorées changent d’aspect selon l’angle de vue alors que l’aquarelle reste très mate, c’est rigolo. Beau, je ne sais pas, mais ce mélange des genres me raconte des histoires, c’est le principal, s’pas ?

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Zibou, suite et bientôt fin

Si certain lisent les commentaires, ils savent que j’ai enfin mis hier soir la main sur le flacon que je cherchais depuis quelque temps, le liquide qui sert à dorer à la feuille. Il a certainement un nom spécifique mais j’ai la flemme d’aller le chercher dans le coin où je dessine. Et puis peu importe le terme, l’important est de savoir qu’il sert à enduire la surface choisie d’une fine couche de colle qu’on laisse sécher un court moment avant d’apposer un morceau de feuille métallique extrêmement fine.

Bon, bon, d’accord, j’y vais… Voilà, ça s’appelle de la “colle à dorer”, ce n’était vraiment pas la peine que je lève mon popotin pour ça mais passons.

Ah, dorer à la feuille tout et n’importe quoi, encore une tare héréditaire transmise aux filles de la maison ! Ma grand-mère poussait le vice jusqu’à peindre en doré le battant en laiton d’une horloge, ma maman a eu une grande période bombe dorée, moi-même j’aimerais bien céder plus souvent aux sirènes de ce genre de pratique et ma fille aînée a fini par craquer pour la technique de la feuille “d’or”. C’est magique de transformer n’importe quoi en un autre n’importe quoi, mais brillant, de se vautrer sans vergogne dans le mauvais goût et la débauche de pacotille ! Noël ne dure jamais assez longtemps pour assouvir les vieux fantasmes résiduels d’ancienne petite fille…

Bref, voici la chose telle qu’elle était en début d’après-midi. Pour le moment les dernières couches sèchent et je vais bientôt pouvoir juger de l’effet dans le fameux cadre qui m’a amenée à faire ce dessin. Cadre… doré lui aussi !

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Zibousuite

Bon… Bon bon bon… Mouais…

Je vous remets le scan du stade d’avant puis celui de l’actuel, ensuite je cause.

 

Une heure et quelques de peinturlure plus tard, quelques centaines de petits coups de pinceau plus tard, la nuance est subtile… C’est la période à la fois décevante à montrer et très agréable à ressentir durant laquelle je sais que le décor de l’animal se met en place, préparant l’arrivée du regard. Quand les yeux seront mis en couleur, on ne verra plus qu’eux et on oubliera le plumage, les houppes et le toupet, alors même que ce sont eux qui m’ont donné envie de faire ce dessin.

Je retourne à mes poils de mouche, euh de hibou, bref à mes plumes !

Ça y est, après quelques légers ajouts du côté du plumage, je commence à m’occuper des yeux.

On va dire que je m’arrête là pour le hibou proprement dit, en tous cas pour aujourd’hui, plus tard je verrai ce que je peux faire pour le fond. Comme d’hab, je ne m’en préoccupe que trop tard c’est-à-dire après la bataille mais dans le cas présent, je pense qu’il serait bon que les blancs du plumage aient une raison d’être et se différencient de celui du contour laissé comme tel. J’ai bien une idée derrière la tête mais pas moyen de remettre la main sur ce que je cherche… !

Pour mon plaisir personnel, un zoom sur l’œil, parce que j’aime bien voir en grand ce que ma main a fait en petit pendant que je lui faisais confiance, parce que mes yeux à moi ne sont plus ce qu’ils étaient, même avec des lunette-loupes.

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Zibou 4

Et voilà, je fais des petites nuances de gris-violet, des petits gnougnous d’ocres divers et hop, le scan écrase tout… Plus  honnêtement, une fois l’aquarelle séchée, il ne reste pas grand-chose de mes poils de mouche. Bah, ma patience finira par porter ses fruits, à moins que je ne passe à une autre technique ?

Quelques nouvelles couches de couleur, pour un résultat quelque peu déconcertant pour le moment. C’est la période pénible, l’adolescence du dessin futur, en quelque sorte. Il pousse dans tous les sens et en désordre, maquillé comme une pintade malade, réclamant attentions et soins et pas toujours prêt à se laisser faire. Bah, ça lui passera !

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Zibou 3

Allez, je vais dire que j’en ai marre de la partie au crayon noir et que j’arrête ici cette phase. Après quelques ajustements de contour sur l’œil de droite, des noirs un peu plus denses par endroits, le regard a retrouvé la fixité qui s’était évaporée.

Maintenant, il n’y a plus qu’à… Plus qu’à me décider pour la technique à utiliser pour une mise en couleurs. Précise ? De simples notations ? Je ne sais pas encore, ni même si je ne vais pas ainsi tout fiche en l’air, mais ça fait partie du jeu.

Allez, hop, quelques premières touches à l’aquarelle. Pour le moment, ça va, je pense que ça va améliorer le volume. Mais j’aimerais bien arriver à un résultat moins lisse. Patience…

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Zibou 2

Le Zibou avance à petits pas. Je retrouve mes vieilles bagarres, ne pas tout traiter, laisser du blanc, de la respiration, nuancer les noirs, m’arrêter à temps quand je sens venir le systématique dans le traitement du trait, les réflexions sur la différence entre artisanat du dessin et art du dessin, la validité sclérosante ou non de la ressemblance, le narcissisme à rebours de l’effacement derrière le sujet, le goût qui perdure pour l’apparition magique d’une présence ressentie alors même que le “truc” est visible, c’est un dessin et c’est un hibou, une zone profonde du cerveau le dit, peut-être celle dédiée à la chasse et à la survie, recevant à la fois les signaux de l’existence et ceux de l’artefact tout en donnant la priorité aux premiers. Bref, je m’amuse et pendant ce temps, je ne suis pas au bar…

 

 J’y retourne ! Non, pas au bar, ça c’est demain soir pour récupérer les paniers de l’AMAP, mais à ma table de dessin.

 Ouh là, il a un regard un peu flou, ce zibou… une simple affaire d’ombre portée ou la pupille à décaler un chouïa ?

 Moui, le regard est différemment flou mais toujours bizarre…

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Zibou

J’avais parlé il y a quelque temps d’un cadre doré qui attendait quelque chose à encadrer. Comme il crie famine sur un des murs du salon, je vais tenter de lui donner de quoi apaiser sa fringale et j’ai commencé un dessin de hibou. Encore un. J’aime bien les hiboux, ne serait-ce que pour leur terminaison en x au pluriel, pour leur silhouette rondouillarde et pour le défi que représente le plumage multi-tacheté, un gris-marron nuancé comme j’aime à en porter.

Je n’en suis qu’au tout début du dessin, la mise en place de la silhouette et la réflexion sur les techniques que je vais employer. Je vais sans doute tenter un mix entre crayon et aquarelle, ça dépendra un peu de ce que j’obtiendrai une fois le dessin avancé. Soit j’efface pour ne garder que les traits principaux, soit je garde et j’utilise une technique de couleur par dessus. Mystère…

dessin hibou crayon

Suis-je facétieuse de me ménager ainsi des surprises. Mais ayant un travail à domicile et donc sans collègues, il faut bien que je m’auto-fournisse l’impromptu dans mes journées bien lisses !

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Fantôme

Y a des détails qui n’trompent pas, y a un fantôme qui habite chez moi.

Pas un vrai fantôme, si tant est qu’on puisse parler de véracité à propos de ces ectoplasmes, mais une minette-fantôme en chair et en poils qui n’apparaît qu’aux habitués de longue date de l’appartement. Dès qu’un inconnu sonne à la porte elle disparaît dans une cachette connue d’elle seule et ne réapparaît que lorsqu’elle est certaine que le danger hypothétique a disparu. C’est dommage car il n’est de ce fait pas possible de faire admirer à quel point elle est belle, et bien finie dans les détails avec ses pattes si fines, son maquillage bien dessiné et son roux sur le bout du nez et cette élégance qui n’est qu’à elle.

Peu sociable avec les humains, elle présente pourtant une faculté d’agent de liaison entre les autres chats qui la rend précieuse pour l’atmosphère de la maisonnée, j’en veux pour preuve la photo suivante où on la voit servir de trait d’union entre les deux matous qui passent par ailleurs leur temps à se chercher noise à grands renforts de cris déchirants et de mêlées griffues.

 

Ce n’est pas là sa seule qualité. Petite chatte de ferme, elle n’a pas connu d’humains bienveillants dans sa prime jeunesse et si elle arborait quand je l’ai vue la première fois une assurance de petit tigre gris piaillant à tous vents sa détermination à en découdre (d’où son nom de Zaknouss qui signifie “ta gueule ” en russe, à peu de choses près), elle s’est métamorphosée une fois adoptée en un modèle de discrétion aux miaulements flûtés. Timide, effacée, vite peureuse, j’ai mis longtemps à comprendre qu’il fallait que j’adopte avec elle les techniques d’apprivoisement que j’avais mises au point avec les chatons nés dans les granges de la vallée-de-mon-enfance. C’est-à-dire patience obstinée, douceur, ne pas regarder dans les yeux, tendre une main ouverte tout en restant à quatre pattes et susurrer une mélopée bourdonnée et apaisante le temps que l’animal approche de lui-même. Cette technique éprouvée a porté ses fruits et elle a accordé sa confiance à un entourage restreint, venant non pas quêter mais exiger des caresses sur la tête quand bon lui chante, prodiguant de douces caresses sur les jambes pour signaler sa présence et fuyante comme de l’eau sous la main si on tente de la saisir, se faisant toute molle dans les bras si on y parvient par pure politesse absente, elle indique ainsi son rythme de disponibilité affective.

Ce que j’aime dans son mode d’existence c’est qu’elle alterne entre sa vie de chat parmi les chats et une manière toute à elle de choisir les humains, parfois, délibérément, le temps d’un câlin ou d’une sieste, et je retrouve alors cet émerveillement pour l’affection inter-espèces que j’ai pu vivre dans mes jeunes années avec les animaux du hameau, hors rapports de possession légale. Les trois autres chats sont si imprégnés de présence humaine depuis leur naissance qu’ils en sont un peu tarés chacun à leur manière, elle est la seule qui me rappelle ce qu’est l’essence-même du chat, à savoir le choix.

Et puis elle est la seule à dormir ainsi pattes dans pattes avec Papou, le Lino Ventura des chats, et pour ça, je nourris une certaine jalousie mêlée de respect à son égard…

 

Voilà, c’était ma contribution à la légende des blogs de filles qui parlent de chats et de chaussures, mais je vous épargnerai mes laïus concernant le second sujet, petits veinards.

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Trésors et bibliothèques

Je trie et je range en ce moment. En fait, je passe beaucoup de temps à trier et ranger d’un côté et mélanger et déranger de l’autre, ce qui fait que le désordre reste globalement le même, il change simplement de nature. Aujourd’hui je me suis mis en tête de déplacer les bouquins d’art, terme générique pour regrouper ce qui permettent de krééééer et ceux qui présentent les kréaaations d’autrui, dans ma chambre, ceci afin de désengorger les deux bibliothèques du salon. J’ai ainsi pu remettre la main sur un de mes livres-trésors-chéris, celui sur les jouets de plantes.

Il est grand, il est beau, il sent bon l’encre fraîche et je ne m’en suis encore jamais servi. Mais je ne désespère pas puisque j’ai décrété que l’hiver a assez duré et que puisque les jours ont rallongé de manière significative, le printemps ne saurait plus tarder à revenir et avec lui les pâquerettes pour faire des bracelets, les herbes pour siffler et les cerises pour faire des boucles d’oreille. Cette année, je devrais enfin pouvoir sortir de mes habitudes en la matière et chercher à appliquer quelques-unes des idées indiquées dans ce livre. Quoique… je l’ai acheté il y a presque un an et il m’a plus servi à rêver qu’à autre chose. Je me demande si je ne commence pas à faire des stocks de future et hypothétique grand-mère en fait… Je me vois bien en train de tanner des petits-enfants avec mes sifflotis dans le derrière des fleurs de primevère, mes chaises et catapultes en plantain pendant qu’ils trépigneront pour retourner à leurs jeux à eux, loin des radotages de leur grand-mère. Pour un peu, j’en râlerais d’avance devant l’ingratitude des futures générations ! Mais la cadette de mes filles vient tout juste d’être majeure, j’ai encore le temps de m’amuser pour moi-même avec des trucs et des bidules, des fleurs et des tiges, puisque le printemps est bientôt là.

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Résultats

Voici les résultats du sondage “gentils/méchants” effectué auprès d’un échantillon représentatif de 13 personnes, de 7 à 82 ans (six femmes, sept hommes). Si ça c’est pas scientifique, je ne sais pas ce qu’il vous faut… Même Tintin visait un panel moins étendu !

Et comme les méchants sont les plus sexy, comme Disney nous l’a montré, voilà la liste des postulants au rôle de super-méchants, par ordre décroissant:


Complément d’objet indirect- 12

Limace - 12

Consonne - 10

Point d’exclamation - 10

Majuscules - 10

U - 10

Fourchette - 10

Crochet - 10

Rectangle - 9

Fonction affine - 9

Adjectif attribut - 9

Rapporteur - 9

Poêle - 9

Tasse - 9

Scie - 9

Hauteur - 8

Ovale - 8

Isocèle - 8

Lundi - 7

Rayures - 7

Oignon - 7

Aiguille - 7

Savonnette - 7

Laine - 6

Le complément d’objet indirect et la limace remportent haut la main, si je puis dire en parlant d’eux, le concours. Pour le duel épingle-aiguille, je soupçonne un a priori lié à la pratique de la couture. Toute personne s’étant cruellement piqué à moult reprises avec des épingles partage, j’en suis sûre, mon avis sur la mauvaiseté de ces objets, mais je ne voudrais pas influencer le jury des lecteurs.

Maintenant, pour représenter un complément d’objet indirect et une limace en tenue de super-méchant, euh, je dois bien avouer que mon imaginaire est quelque peu en rade. Pour le premier, les raisons en sont évidentes, et pour la deuxième, j’ai du mal à concevoir comment lui faire enfiler une cape et un slip par dessus ses collants… sans parler du rictus sardonique et du regard en coin. Mais après tout, une limace se suffit à elle-même sans oripeaux pour être désagréable, surtout quand on en a déjà trouvé vautrées dans la corolle des premières jonquilles du printemps et en train de se livrer à leurs agapes nécrophiles sur leurs congénères écrabouillées.

Merci à tous les participants à ce sondage !

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