Le retour du Guide des Convenances !

Et hop, me voici de retour, tadam!!!! Bon, d’accord, ça fait presque un mois que je n’ai rien posté sur ce blog, rapport au fournisseur d’accès qui disait des trucs comme quoi, faute d’avoir été payé, il faisait la tête… J’vous jure!

Mais tout ceci n’est que mauvais souvenir à partir d’aujourd’hui et voici donc la suite du Guide des convenances avec le mariage. Oyez braves gens!

Après les fiançailles, le trousseau de la future mariée. Je vous épargne la description des différents trousseaux, de 300 à 6 000 francs (pour donner une idée des prix, une paire de draps de toiles coûte 23 francs dans la liste de base, une paire de draps à jours à marque brodée coûte 58 francs pour la liste la plus onéreuse).

Comment marquer son trousseau:

Le linge de corps de la jeune fille se marque des initiales de son prénom et de son nom de femme, le linge de la maison aux initiales des deux familles.

Par exemple, si Mlle Berthe André épouse M. Jean Durand, le linge de corps de la femme sera marqué BD (Berthe Durand), le linge de corps du mari sera marqué JD (Jean Durand), le linge de maison sera marqué AD (André Durand).

Les initiales brodées se placent toujours dans un endroit très apparent, les marques au fil rouge se mettent dans un endroit peu visible (à quoi correspondent ces marques au fil rouge?)

La marque doit se mettre de façon à avoir la lisière de l’objet à gauche.

Les draps sont marqués au pied, avec la lisière à gauche; les mouchoirs, les nappes, (suit la liste des emplacements pour chaque élément du trousseau). Les initiales brodées se placent sur les draps, au milieu, à 15 ou 20 cm au-dessous de l’un des ourlets. Pour les initiales des taies d’oreiller, on les place à 10 ou 20 cm au-dessous du sommet, selon la longueur qu’ils auront. Quelques personnes placent les initiales de biais sur le côté gauche de la taie d’oreiller (soyons fous!).

La corbeille:

Voici la composition d’une corbeille riche.

• Collet de zibeline ou jaquette de loutre ou d’astrakan
• Robes en pièce, une en velours, l’autre en soie, satin, brocart, faille, damas
• Dentelles anciennes et modernes: Chantilly, Alençon, Bruxelles, Malines, Bruges, etc.
• Éventails de bal et de soirée: un ancien et deux modernes, l’un en dentelle, l’autre en plumes noires ou blanches, monté sur écaille avec ses initiales futures en or ou en diamants
• Une jumelle de théâtre
• Une ombrelle
• Un écrin contenant un porte-cartes et un porte-monnaie (parce que la mariée aura le droit d’utiliser de l’argent pour payer quelque chose??? Mais c’est répugnant!)
• Une longue chaîne sautoir en or avec perles
• Des bagues anciennes
• Une parure en brillants composée d’une paire de boucles d’oreilles, d’une broche, d’un bracelet, d’une branche de corsage, d’une aigrette pour les cheveux
• Une montre mignonne (beurkkkk) avec les initiales de la future mariée
• Un rang de perles
• Une trousse en or, dont la bourse à mailles contient des pièces neuves (le détail qui fait la différence…)
• Un joli sac de voyage avec nécessaire de toilette
• Une pièce de mariage en or avec dessins allégoriques spéciaux
• Un missel enluminé

Composition d’une corbeille modeste:

• Une paire de boucles d’oreilles avec brillants
• Une chaîne sautoir et une montre en or
• Une broche et un bracelet en or
• Une robe de satin et une robe de drap
• Une parure et un manchon en astrakan, en loutre, en mongolie, en castor
• Une pièce de guipure noire et une pièce de valenciennes
• Un éventail en satin pailleté monté sur écaille
• Un sac de voyage en maroquin, un porte-cartes et un porte-monnaie
• Deux pièces neuves pour le mariage

Cadeaux que la jeune fille peut offrir à son fiancé:

Ils sont peu nombreux et peu variés. Autrefois l’usage voulait que la jeune fille offrit la chemise et la cravate de noce, cette coutume nous semble actuellement risible et surannée! (Hu hu hu…) Les cadeaux qu’elle peut offrir sont: un gilet, une cravate, des mouchoirs brodés de ses blanches mains, des boutons de manchette, une épingle de cravate, une parure de chemise. La jeune fille peut aussi offrir un livre avec une dédicace (si elle a appris à lire et à écrire en prévision de l’émotion qu’elle ressentira en suivant les progrès des futurs héritiers).

Comment on partage les frais:

Le fiancé fournit la corbeille, achète les meubles, tapis, tentures, chevaux et voitures. La mère de la jeune fille fournit le trousseau, c’est-à-dire la literie, le linge de maison, des gens de maison et le linge personnel de sa fille.

Cadeaux de mariage:

Les amis intimes, les témoins, les parents des fiancés, tous les invités de la noce doivent faire un cadeau. À son envoi, le donateur épingle sa carte; lorsqu’il y a plusieurs donateurs cotisés pour un seul objet, on écrit les noms sur une seule carte. L’argenterie domine dans ces cadeaux: plats en argent, réchaud, couverts de table, couverts à poisson, à entremets, petites cuillers, cuiller à verre d’eau (?????), couteaux de dessert, etc.

Pour chiffrer ces objets d’argenterie, on met simplement les initiales du jeune ménage; s’il y a des armoiries, on mettra les armoiries ou le blason des deux maisons en les accolant. On pourra également mettre soit le chiffre, soit la couronne. On ne peut pas mettre les deux ensemble. (Et puis quoi encore, j’vous jure… Les deux ensemble… J’en ris encore!)

L’exposition des cadeaux se fait sur de longues tables. Des domestiques sont chargés de la garde des cadeaux car il est difficile au milieu des allées et venues de la foule, de ceux qui palpent, examinent les objets, de distinguer les vrais invités de ceux qui s’introduisent avec des intentions malveillantes. Le trousseau est souvent étalé à côté des cadeaux offerts, je trouve ce procédé vraiment un peu sans gêne et, à mon avis, il est bon de s’en abstenir. (Bien la peine de s’escagasser les yeux à broder les initiales à 10 cm du bord des draps!)

Le trousseau et la corbeille de mariage s’exposent dans la soirée de la signature du contrat. Ils restent exposés jusqu’au jour du mariage et sont visités pendant le lunch.

Dans beaucoup de familles aristocratiques on a aboli l’exposition de la corbeille. On s’en dédommage en envoyant aux journaux la liste des cadeaux offerts et le nom des donateurs.

Le contrat:

La signature du contrat se fait quelques jours avant la célébration du mariage, elle a lieu chez le notaire ou chez les parents de la fiancée. En réalité il n’y a que les signatures à apposer, la lecture est une simple formalité car les clauses du contrat ont été débattues et mûrement étudiées à l’avance. Les deux fiancés n’auront jamais pris part directement à ces discussions, ils doivent feindre même de les ignorer (qui a prononcé le terme d’hypocrisie?).

La mode qui supprime de plus en plus les fêtes pompeuses le jour du mariage les reporte à la signature du contrat; on donne un grand bal. Il y a certainement une idée heureuse dans cette innovation: la fiancée est plus libre d’esprit que le jour du mariage et ces réjouissances ne précèdent pas de quelques heures seulement la séparation d’avec sa famille. Elle sera plus gaie, plus en possession de son sang-froid, s’occupera de tous sans arrière-pensée; sa toilette, blanche ou rose, sera déjà un peu « dame » sans affectation, avec un décolletage à peine indiqué; elle ne se parera pas encore des bijoux de sa corbeille, seule sa bague de fiançailles brillera au quatrième doigt de la main gauche. Elle pourra aussi porter ses petits bijoux de jeune fille et les distribuer gracieusement à ses demoiselles d’honneur à la fin de la soirée.

C’est la fiancée qui ouvre le bal avec son fiancé; sa deuxième danse revient au notaire et les suivantes aux garçons d’honneur successifs. Mais il ne convient pas que la fiancée danse beaucoup; elle doit se tenir avec une réserve digne, gracieuse pour tous les invités mais à l’écart des distractions trop bruyantes; que les jeunes filles et jeunes gens s’en donnent à cœur joie, cela est permis, la future mariée n’en fait plus partie désormais.

Les lettres de faire-part ne sont pas cachetées. Elles doivent être très nombreuses; toutes les relations, les fournisseurs, les domestiques même doivent en recevoir (sont-y gâtés!).

Formalités légales du mariage:

Pour que le mariage civil puisse être célébré, il doit y avoir consentement des deux conjoints. Le fils et la fille qui n’ont pas vingt et un ans révolus ne peuvent contracter mariage sans le consentement des pères et mères. S’il y a conflit entre le père et mère, le consentement du père est suffisant mais la mère doit être consultée. Si l’un des parents est mort, le consentement de l’autre suffit (sic) mais l’acte de décès doit être présenté.

Bien que les enfants aient atteint l’âge de vingt et un ans révolus, jusqu’à trente ans accomplis, ils ne peuvent se marier sans avoir demandé le consentement de leurs parents; à défaut de ce consentement, l’intéressé fera notifier l’union projetée à ses père et mère ou à celui des deux dont le consentement n’est pas obtenu. Trente jours francs écoulés, après justification de cette notification, il sera passé outre à la célébration du mariage. Cette notification doit être faite, même si les enfants ont été mariés une première fois, s’ils n’ont pas atteint l’âge de trente ans.

Les enfants déposés dans un hospice ne peuvent se marier, jusqu’à vingt et un ans révolus, sans le consentement de la commission administrative de l’hospice.

Les militaires doivent, outre le consentement de leurs parents, justifier de la permission de leur chef.

Les pièces que l’on doit remettre à l’officier d’état-civil sont: les actes de naissance des deux conjoints, le consentement des ascendants ou l’acte constatant l’impossibilité dans laquelle ils sont d’être consultés: absence, cas de folie, d’imbécillité (pièce qui n’est pas exigée lorsque les ascendants sont présents), l’acte de décès des parents morts.

Mariage civil:

Le marié est en redingote, pantalon gris, chapeau haut de forme, gants clairs. La mariée en élégant costume de visite, de couleur moyenne.

Le marié fait chercher par des voitures ses témoins qui sont conduits directement à la mairie; lui-même, avec ses parents, se rend chez sa fiancée. La fiancée monte avec son père et sa mère dans la première voiture. Les deux dames sont au fond. Dans la seconde viennent le marié et sa famille, le marié se trouve sur le devant.

C’est la jeune mariée qui signe l’acte la première, sur le registre de l’état-civil; elle passe la plume à son nouvel époux qui la prend en disant: « merci, Madame », lui donnant ainsi, le premier, son nouveau titre. À partir de cet instant on peut l’appeler ainsi mais il est de bon ton d’attendre la fin de la célébration du mariage religieux pour lui donner ce titre.

Le mariage civil doit être célébré à la mairie, les portes grandes ouvertes.

Le mariage civil est gratuit mais il est obligatoire de donner une gratification au garçon de service et de déposer dans le tronc une offrande pour les pauvres de l’arrondissement (une dragée en plâtre, un tricot couleur cachou, une image religieuse sur carton?) ou pour le bureau de bienfaisance. Cette offrande doit être au moins de vingt francs.

La soirée qui suit ce dîner doit être courte; tous les invités se retirent de bonne heure, et le jeune marié se retirera avec eux (s’agit quand même pas de penser qu’un simple mariage civil permet toutes les familiarités!).

Le mariage catholique:

L’Église catholique interdit le mariage du premier dimanche de l’Avent jusqu’à l’Épiphanie et du mercredi des Cendres jusqu’à l’octave de Pâques. Pour contracter mariage pendant ces deux périodes de temps prohibé, il faut une dispense spéciale qui doit être demandée à l’archevêché (bureau de l’officialité). Cette dispense coûte 6 francs.

Il faut de même, une dispense pour les mariages entre parents. Elle s’obtient par une demande au même bureau. Son prix varie selon la fortune des futurs conjoints.

Les bans doivent être publiés à la messe paroissiale pendant trois dimanches consécutifs. Pour obtenir la dispense d’une ou plusieurs publications de bans, il faut indiquer des motifs et payer une rétribution. On obtient aisément la dispense de la troisième et de la seconde publication. C’est pour un motif très sérieux qu’on obtient la dispense des trois, pour éviter un scandale par exemple. Le rachat d’un ban est de 2 francs.

(Tarifs moyens usité dans les paroisses de Paris: de la dixième classe à 6 francs jusqu’à la première classe à 1 500 francs)

Toilette de la mariée, du marié, des invités:

Tout doit être blanc dans cette toilette de noce: le corset, le linge, les jupons, celui du dessus en damas blanc avec un haut volant de dentelle posé sur d’autres volants de taffetas ou de mousseline de soie blanche. Les bas sont en soie blanche, les souliers moyen âge en peau blanche. La traîne a environ 2,50 m à 3 m pour une robe de satin, 2 m pour une robe de laine.

Le marié porte l’habit noir, le pantalon noir, le gilet noir ou blanc, cravate blanche, gants blancs, souliers vernis, chaussettes de soie noire et claque ou chapeau haut de forme.

Les demoiselles d’honneur sont en robe de couleur claire, rose, bleue, mauve, paille, Pompadour, à rayures Louis XIV, en couleur changeante. Une petite bourse, assortie à la robe et garnie de fleurs et de dentelles, accompagne chaque toilette. Les demoiselles d’honneur sont en taille (?), elles ont un chapeau habillé, garni de plumes le plus souvent. Lorsqu’elles sont en deuil, les demoiselles d’honneur se mettent en blanc.

Les garçons d’honneur, à partir de 16 ans, – il faut aussi tenir compte de la taille, – sont en habit, même toilette que le marié. Au-dessous de 16 ans, ils sont en smoking à revers de soie, avec chapeau melon noir.

On ne se fait pas friser, c’est tout à fait commun, ni surtout pommader outre mesure.

Les manteaux sont laissés en bas de l’église au bras d’une domestique.

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