Flou

La semaine dernière j’ai quitté mes pénates dauphinoises pour rejoindre la Capitale. Petit séjour de trois-quatre jours, une histoire de boulot. J’en suis revenue quelque peu enrhumée et un peu dans le flou après des soirées prolongées à refaire le monde de diverses manières et pas toujours dans la sobriété la plus extrême. Cette impression de flou, c’est que je retrouve en regardant les photos prises pendant ce séjour. Tout d’abord en arrivant chez mon frère qui m’a gentiment hébergée, il y a toujours ce choc de voir la Tour Eiffel juste là, plantée dans un décor totalement banal d’immeubles, donnant cette impression mitigée d’extrême quotidienneté et d’impact « touristique » persistant. Comme si je prenais le petit déjeuner en tête à tête avec la Joconde accrochée dans sa cuisine…Il faut préciser que jusqu’à présent je m’étais obstinée à l’éviter soigneusement chaque fois que j’allais faire un séjour à Paris, cette tour, mais là, difficile d’y couper, à moins de vivre les volets fermés.

Tour Eiffel 1

Je l’ai donc observée avec une attention que je n’arrivais pas à fixer réellement sur elle, il y avait des pensées parasites et j’ai fini par comprendre qu’elle n’avait pas dans mon champ de vision le monopole de la résille métallique, concurrencée par la grue en évidence devant elle et plus bizarrement par ces anciens immeubles du CEA totalement désossés dont il ne reste que l’ossature et des façades étrangement décrochées du reste de l’immeuble. Bizarre impression que de voir devant soi des architectures « creuses » et juste de l’autre côté de la rue les baies vitrées des appartements, comme des aquariums avec des habitants pour poissons. Du vide architectural et du plein humain. J’ai bien sûr tenté de la prendre en photo le soir mais mon résultat est un peu étrange puisqu’on dirait qu’elle vient juste d’atterrir en laissant derrière elle une pluie d’étincelles:

Tour Eiffel 2

Je tiens à préciser que ces photos ont été prises avant la soirée la plus arrosée et tardive (surtout ne pas me rappeler les mélanges…). Par contre dans le train du retour la sensation de flou a fait plus que persister et j’en garde le souvenir d’une confusion molle où les rayures du tissu des sièges, les rainures de la grille de ventilation et les reflets dans la vitre obscurcie par le soir se confondaient dans une seule impression visuelle portant assez aisément au sommeil comateux.

Dans le train

Pour contrebalancer ces images de bizarreries, une petite photo juste pour le plaisir, parce que ce caillou était joli par terre sur le trottoir devant mon immeuble. Ne me demandez pas pourquoi je le trouve joli, il m’a juste fait un clin d’œil quand ma fille aînée me l’a signalé avant de me tirer par la manche par la suite chaque fois que je voulais prendre en photo des feuilles mortes et autres brimborions au sol. Elle dit qu’elle a l’impression de se promener avec une gamine de cinq ans qui grimpe sur tous les murets et pose des questions sur tout. Un retour de la vengeance de la mère qui l’accompagnait sur le chemin de l’école?

 Caillou sur bitume

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10 commentaires à “Flou”

  1. Caillou

    Bonjour,

    euh… le caillou vous l’avez récupéré? parce que sinon, le jour où je passe à Grenoble, c’est pour moi!!! (c’est peut etre un menhir savoyard en maquette/bonzaï?)

  2. Hélène M.

    Je vais vite regarder sur le trottoir s’il y est encore ! Et Claire qui n’a pas voulu que je le ramasse…

  3. Grumph

    Et voilà, c’est encore (toujours !!) ma faute !! …

  4. Hélène M.

    Ouais, et puis si après M. Citron il ne veut pas venir à Grenoble parce qu’il n’y a pas de cailloux qui l’attendent, hein, tu y as songé?

  5. Frédéric

    La trainée de la tour Eiffel me fait penser au ruban perforé qui sert aux orgues de Barbarie. Un spécialiste pourrait surement reproduire la « chanson de Gustave ». Ca a l’air assez rythmé.

  6. Caillou

    bonjour,

    Ce sont peut être des lucioles, prisent d’une folie amoureuse leurrées (?gloups?) par la Tour Eiffel?

  7. Hélène M.

    En cette journée de neige, imaginer des lucioles en folie me fait penser à une nuit d’été… Merci de m’avoir fait oublier le froid un instant!

  8. Hélène M.

    Y a pas un logiciel qui pourrait faire ça? Transcrire des partitions d’orgue de Barbarie? ça me fait penser à cette légende qui veut que quand on écoute certaines chansons des Beatles à l’envers on découvre des messages codés…


  9. mais comment ça se fait que tu as une trainée de lucioles derrière la tour Eiffel, elle marchait?

  10. Hélène M.

    Je ne sais pas pourquoi dans la série de photos seule celle-ci présente ce phénomène… C’est sans doute dû à la rencontre du faisceau lumineux qui tourne depuis le sommet de la Tour? Le mystère reste entier!

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