Noeud

Aujourd’hui, je me suis offert un livre sur les nœuds, c’est pour fermer un bracelet offert à ma fille cadette à Noël et qui est livré en kit en quelque sorte puisqu’il faut inventer soi-même un moyen de faire ce tenir ce… paquet de quatre fils dans l’espèce de boucle qui est censée aider à fermer le machin. Sont-ils facétieux, ces marchands de bracelets qui montrent leur marchandise joliment coincée sur des présentoirs et vous emballent vite fait l’objet dans un sac en papier prêt à offrir!

Bref, je me suis offert ce livre. J’ai jeté un œil dessus et je suis tombée en arrêt devant ceci:

noeud plat

Un nœud plat à double ganse.

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup: on appelle ça aussi un nœud de lacets. Ah, nouer ses lacets… toute la petite enfance! Voire un peu plus que petite dans mon cas puisque je me souviens encore des lieux, du préau, de la cour, du mur où les privilégiés avaient le droit de taper la brosse pleine de craie pour la vider un peu de sa poussière âcre et fade, autrement dit de la cour de l’école des filles. Je devais donc être en cours préparatoire et la maîtresse excédée m’avait fait remarquer que j’étais vraiment une empotée pour ne pas savoir nouer moi-même mes lacets. Une élève plus dégourdie m’avait montré comment faire et depuis j’applique tout le temps la même méthode, avec parfois encore une réminiscence de cet apprentissage qui dans ma caboche m’avait fait passer dans la catégorie des grandes indépendantes.

Las… M’avait-on mal montré, avais-je mal compris? Toujours est-il que ma manière n’a jamais été la bonne et que je n’ai jamais obtenu que des laçages mous et bâillants, prêts à m’abandonner au bout de quelques mètres. Et ce livre ne fait que confirmer mon doute horrible: je n’ai jamais su faire un nœud de lacets correct! Je dois l’avouer ici, et pardon à Mr Citron pour cet aveu tardif… car comment annoncer ça à un ancien marin, je vous le demande?

Je me souviens que le matin, quand  ma mère attachait mes chaussures, avant ce grand apprentissage donc, c’était un bonheur de marcher ensuite sur le chemin de l’école en me sentant bien maintenue, prête à courir et à sauter à la corde ou au jeu de l’élastique. Une journée qui commençait bien! Tandis que des chaussures qui se désolidarisent de vos pieds,  ces ficelles qui pendouillent à l’affût d’un croc-en-jambe, c’est l’assurance d’être à la traîne pour tout.

Il me reste donc à potasser ce bouquin pour apprendre enfin à ne pas devoir renouer mes lacets tous les cent mètres et une nouvelle vie va s’ouvrir à moi… 2008 sera une grande année, j’en suis désormais certaine !

Je profite de ce message à caractère hautement crucial pour amorcer une nouvelle rubrique que j’intitulerai en toute simplicité: la logique de l’hypnagogique. Les phénomènes hypnagogiques, ce sont ceux qui se produisent au moment de l’endormissement, quand le cerveau part en vrille et que la suite dans les idées devient une joyeuse plaisanterie, que les associations d’idées deviennent farfelues au possible tandis que l’on croit encore être lucide.

Parfois, d’aucuns diront souvent, ça m’arrive dans la journée et ma fille aînée, Claire, et moi avons commencé à collecter ces petites phrases totalement stupides qui émaillent nos conversations quand le cerveau part en roue libre.

Un exemple? D’accord.

Je suis allée faire un tour en ville l’autre jour, chaussée de bottines à lacets encore fermement attachés et je me délectais de cette sensation d’avoir le pied maintenu. Il faisait froid, très froid, les talons tac-taquaient sur le sol gelé et j’avais l’impression, bercée par leur son, d’être sur un tapis roulant cliquetant.

J’ai voulu raconter ce moment à Claire et j’ai eu cette phrase malencontreuse: « tu vois, tu as l’impression de te déplacer, mais en fait ce sont tes pieds qui avancent tout seuls ».

Elle s’est moquée…

Mais c’est la même moqueuse qui l’autre jour, alors que je lui proposais un sèche-cheveux pour rendre plus vite utilisables des graviers d’aquarium (pour faire un cadeau à son copain mais c’est une autre histoire…) a décliné ma proposition au motif que, je cite: « j’y ai pensé puis je me suis dit que ça ne marcherait pas, ce ne sont pas des cheveux ».

Il y a encore quelques phrases de cet acabit notées dans un coin mais après tout, les idées farfelues, les phrases incongrues, il vaut mieux qu’elles sortent tout de suite, sinon ça moisit dans la tête!

RSS 2.0 | Trackback | Laisser un commentaire

4 commentaires à “Noeud”

  1. Caillou

    Bonjour,

    Un lacet mal noué, c’est une chaussure plus vite enlevée, c’est le regard inquiet du passant(e) « vous allez tomber », c’est humain!
    Mais vous avez raison quel plaisir de regarder ses chaussures et se dire « bon sang, cela tient! »
    Bienvenue chez les « Frères (et soeurs) de la Côte »!!!

  2. Hélène M.

    Bonjour,

    j’ai enfin (presque) compris comment on fait un bonnet turc!!!

    Et une bouteille de rhum pour la deux, une…

  3. Youle

    En parlant de ça, bonne année…

  4. Hélène M.

    Et qu’ils soient les meilleurs !

Laisser un commentaire

XHTML: Vous pouvez utiliser ces tags : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Animaregard is powered by WordPress.