Un hiver à poils longs

Longue promenade à vélo dimanche. J’ai emmené E. sur un itinéraire que j’aime bien, sur les digues du Drac puis de l’Isère, avec retour le long des quais. J’avais encore des souvenirs plein les yeux de ce trajet fait à l’automne, les arbres qui font voûte et baldaquin au-dessus de la piste cyclable, les noisettes et les mûres dans les buissons, la lumière qui joue dans le feuillage, l’impression d’être loin de tout à dix minutes de la ville.

Je dois bien avouer que mes souvenirs n’avaient que fort peu à voir avec la réalité de ce dimanche de février: les digues étaient en travaux, la piste cyclable entrecoupée de tranchées, les haies tronçonnées, la proximité des zones industrielles et de l’autoroute plus que perceptible à travers les branches dénudées, l’itinéraire rendu aléatoire par des détours du fait de la coupure de la piste vers la Bastille (et nous qui nous étonnions d’être seuls sur une partie de ce trajet… pas étonnant, c’était devenu un cul-de-sac).

Sans parler du froid de loup qui a une rage de dents qui sévissait. A tel point que mon appareil photo chéri a fini par me dire que dans ces conditions il ne voulait plus sortir son objectif. Pas folle la guêpe ou plutôt pas fou le frelon!

J’ai quand même pu ramener l’image de cet élevage de cailloux en clapier. Apparemment des reproducteurs ont dû s’échapper dans les cages voisines car il y a prolifération derrière le grillage. Non mais sans rire, comment ils remplissent ce genre de structure, ça s’ouvre par le dessus?  C’est pour faire des pâtés de caillasse?

cailloux

J’ai aussi craqué devant le Néron et son reflet dans l’Isère. Je trouve qu’il ne « repousse » pas vite, le Néron, depuis l’incendie de 2003. J’ai passé mes vacances d’enfant en partie face à lui, et je garde le souvenir du moutonnement de la forêt sur sa face vierge de toutes habitations, des bouts de falaise qui servaient de repères: celle en forme de baleine, les trois visages que l’on pouvait discerner avec un peu d’imagination. Tout ceci me semble avoir disparu avec la végétation, je ne le reconnais plus ce bon vieux Néron, il a perdu son côté bonhomme et il « p.te plus haut que son cul »  maintenant qu’il se prend pour une sentinelle grise à l’entrée de Grenoble.

Neron

Ce matin, trajet à vélo dans le froid encore plus mordant du matin. Avec l’avantage du plaisir de voir les effets de givre sur les voitures et les buissons. Je ne m’aventure pas à photographier les pare-brises, de peur qu’un propriétaire ne me prête de mauvaises pensées à l’égard de son véhicule en me voyant l’objectif collé à la vitre. Alors je me contente des haies.

givre 1

C’est pour ça que je parle d’un hiver à « poils longs », il donne envie de se laisser pousser la fourrure et la végétation elle-même semble s’emmitoufler le matin dans un pelage de sucre.

givre 2

La moindre feuille semble douce à caresser mais dès qu’on le fait, la banalité reprend ses droits… Moralité: il ne faut pas toucher à la magie avec ses gros doigts!

givre 3

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4 commentaires à “Un hiver à poils longs”

  1. Caillou

    Bonjour,

    A mon avis ce sont des oeufs de montagnes? cela donne le Néron, mais c’est long?!

  2. Hélène M.

    Bousoir Caillou,

    Alors ce ne serait pas un clapier mais un poulailler, ou plus précisément une « maie », cette cage en osier où on isole les poules pondeuses ? Mais dans ce cas, qui couve les oeufs de montagne ? ça fait comme pour les lézards, c’est le soleil qui s’en charge? Ou un géant qui vient la nuit se coucher sur le tas… Mystère !

  3. Y

    Ca serait plutôt un gabion, la cage à cailloux. Par contre, que fait-il à cet endroit… mystère.

  4. Hélène M.

    D’habitude on voit ce genre de murs le long des autoroutes, là ils sont posés par endroits sur la digue de l’Isère, le long d’un chemin sablé aménagé pour les coureurs du dimanche apparemment. Je n’arrive pas à savoir si c’est pour faire joli ou juste pour faire parler les promeneurs…

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