Morsure de bête et autres récriminations

PPfffff… je suis en train de me bagarrer soir après soir avec la tête de renard en laine feutrée. Je me pique cruellement les doigts plus souvent qu’à mon tour en visant la tranche de la masse de laine cardée qui finira par donner une oreille (en plus la sale bête en a deux !), je dois ensuite veiller à ce que les gouttes de mon sang purpurin n’entachent point mon ouvrage (je me sens très Blanche-Neige dans ces cas mais je crains que mon vocabulaire alors ne soit pas celui des contes de fées) et j’ai cassé hier soir ma dernière aiguille de gros diamètre (c’est le problème de feutrer sur une base en polystyrène, ça va un peu plus vite au départ mais si je ne plante pas l’aiguille bien verticalement elle se brise et reste plantée dans la masse, ça se verra aux rayons X quand on voudra autopsier mes oeuvres – ou quand je serai soupçonnée à une douane quelconque de vouloir faire passer des microfilms en cachette), je suis donc pour l’instant réduite à utiliser deux petites aiguilles côte à côte pour obtenir l’effet que je souhaite (autant dire que je me pique deux fois plus…).

Le pire, c’est que je ne suis pas tout à fait satisfaite du résultat. Je suis partie d’une série de photos pour ce projet et je me rends compte que ma tête a quelque chose de… cubiste, les oreilles sont plantées trop bas, les joues sont trop larges, c’est un assemblage de différents points de vue et si le profil me semble juste, de face j’ai plutôt l’impression de voir une espèce de croisement entre un renard et une chauve-souris avec ces oreilles trop grandes. Je n’arrive pas encore à atteindre ce stade où je perçois la bête comme presque autonome, présente, évidente dans sa représentation.

J’ai déjà repéré un des problèmes: le crâne est trop large au niveau des tempes. Mais comment faire quand la base est en polystyrène ? Quand il s’agit d’une masse de laine feutrée, je peux toujours la tasser un peu plus en pique-piquant férocement, mais là ? J’ai fini par trouver la solution: à coups de marteau ! Oh, pas un gros marteau, non, mon petit marteau à poser des rivets, à la tête arrondie, j’ai pu ainsi aplatir certaines zones, accentuer des méplats, remodeler des creux et ça marche ! la tête quitte un aspect trop schématique pour gagner en véracité, plus qu’en véracité, en évidence. Elle chatouille maintenant la zone du cerveau qui fait qu’on reconnait d’emblée que c’est un renard, pas un chien, pas un loup (ni une chauve-souris…). Il y a encore du boulot mais je ne me décourage pas, je… je l’aurai !

Et maintenant souhaitez-moi bonne chance, il neige dans les rues de Grenoble pour la première fois de l’hiver et c’est LE jour où je dois prendre mon vélo. Je vais de ce pas me déguiser en bibendum avec manteau et cape de pluie neige. Plus qu’en bibendum, en « Objet Maugréant Non Identifié »:

omni

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