Un Hercule hélicoïdal

En coupant des tiges de lierre rampant, j’ai trouvé l’autre jour un gros escargot de Bourgogne encore encapsulé derrière sa barrière hivernale de bave (?) solidifiée, son épiphragme. Le froid tardif et la protection des feuilles de lierre avaient dû le dissuader de sortir le bout des cornes.

Je l’ai pris et posé sur le puits, à côté d’autres traces de la vie des mollusques: le fossile sur sa plaque d’écorce, inamovible décoration de la plaque symbolique tant elle est rouillée, et une coquille vide et blanchie.

Il s’est empressé, à sa mesure d’escargot, de rompre son opercule dès que j’ai tourné le dos, à tel point que je n’ai pas pu saisir le moment de sa sortie et que je n’ai retrouvé que son « bouchon » fracturé.

Cette trouvaille m’a rappelé la cueillette rituelle du printemps, quand avec mon ex-mari et les filles nous cherchions les virgules blanches au pied des murets. Il y voyait une sorte de métaphore de la condition d’artiste (en étant un lui-même) qui secrète du beau opaque pour protéger son intérieur tendre avant de le poser-exposer pour partir à la recherche d’aliments nouveaux. Tiens, je ne sais pas s’il voyait une autre allégorie dans la trace argentée et hasardeuse que laisse l’animal derrière lui ? On pourrait peut-être la rapprocher des écrits d’atelier, d’une calligraphie retraçant les hasards de la recherche ?

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