Recyclage

Temps de pluie, de chien et de… je n’en écrirai pas plus, faut bien rester révérencieux, comme dit l’autre (Boris Vian, pour les intimes). Je n’ai pas mis le nez dehors ou presque, pas de photos, pas de dessin, pas de bricolage, une vraie hibernation de printemps !

Alors pour mettre quand même quelque chose sur ce blog, et parce qu’un ami vient de me reparler de ces pages que j’avais complètement oubliées, je vais remettre en ligne ici quelques analyses de tableaux que j’avais postées fut un temps sur une ancienne version de mon site. Qui sait, ça me donnera peut-être envie d’en refaire d’autres ?

Mr. and Mrs. Andrews, Thomas Gainsborough

Ce tableau parait à première vue assez… ennuyeux, un couple, peu amène, qui nous fixe d’un regard qui nous maintient à distance respectable, un paysage agricole, un ciel nuageux, des effets de lumière. Mais en m’attardant sur cette image, petit à petit, des distorsions me sont apparues et un trouble s’est fait jour, une sorte de malaise. Ces distorsions apparaissent toutes dans le bas du tableau:

Tout d’abord le chien a attiré mon attention, déformation de dessinatrice animalière ! Non seulement il semble avoir un nombre de vertèbres cervicales qui défie l’anatomie, mais il est emmêlé d’une étrange façon aux jambes de son maître. Si on considère l’image suivante, son museau est devant la cuisse :

Si on regarde la suivante, ses pattes sont en arrière des jambes de l’homme :

Si on remet les deux parties ensemble, on a l’impression qu’il y a une incohérence, que l’animal est tordu en S pour être à la fois devant et derrière. Effet de mouvement pour animer cette toile ?

Continuons à observer… La femme est très stylisée, en effet les épaules semblent avoir disparu, et ses pieds sont étonnamment minuscules. Sans doute un effet pour accentuer une esthétique « aristocratique »…

Et le banc… Comment est-il placé par rapport au tronc de l’arbre? A moins que cet arbre ne soit qu’un décor en carton-pâte? En effet, il semble ne pas avoir d’épaisseur, à moins que le banc ne soit inclus dans son écorce…

En fin de compte, cette image qui paraissait totalement figée et conventionnelle devient petit à petit autre chose, non plus une représentation pointilleusement réaliste mais la mise en scène d’un couple désireux de faire étalage de ses richesses terriennes, des figurines découpées dans la galerie de portraits du salon de leur château et insérées dans un paysage. Un copié-collé avant l’heure en quelque sorte tandis que la véritable « vedette » de ce tableau reste la robe bleue, la seule zone vivante et vibrante qui ramène, pour un regard actuel, l’intérêt sur la peinture au sens premier du terme, matière et pigments.

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