Bonnard

Le cheval de cirque. Pierre Bonnard

Cette image m’avait été envoyée par Richard M. pour illustrer mon propos sur le statut du dessin animalier. Il parle de cette œuvre comme du portrait d’un cheval (quand j’avais commencé cet article pour mon site, j’étais partie de ce document en noir et blanc, depuis je l’ai trouvé en couleurs grâce à mon ami Go.gle mais ça ne change rien à mon propos, alors je garde les documents de départ).

Effectivement, il ne s’agit pas d’un quelconque animal, d’un cheval générique, mais du portrait d’une sorte d’inquiétude, avec ce regard un peu flou qu’ont les chevaux avec leurs pupille qui se confond avec l’iris, cet oubli qu’ils n’arrivent pas à faire du temps où ils étaient proies dans les plaines. Un mélange de présence très forte et d’absence en même temps, un étirement, quelque chose de douloureux, d’un peu inquiétant. Et la présence esquissée du dresseur à droite alimente pour moi cette lecture, sa cravache ou sa chambrière venant se placer sous les naseaux du cheval ; un obstacle dérisoire mais suffisant, comme si c’était elle qui repoussait la tête dans ce triangle resserré interrompu par le haut du cadre, comprimée en quelque sorte entre l’élan du cou et la mince baguette, entre la pulsion et le dressage.

L’anatomie est totalement chamboulée dans ce portrait. Absence de « joue », yeux placés trop haut, museau tordu, mais si on replace ces éléments de façon un peu plus réaliste, toute l’émotion disparaît. La preuve:


Et ce qui était le portrait d’une présence forte devient un mauvais tableau… Un Giacometti dodu

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