Eléphant encadré

Billet promis, billet dû, c’est au tour de l’éléphant et de son cadre de faire le sujet d’aujourd’hui.

Au moment d’encadrer ces deux dernières têtes, l’âne et l’éléphant, j’ai sorti mon carton à dessins rempli de feuilles de papier de reliure et/ou encadrement. Deux cent, trois cent feuilles à manipuler une par une pour les regarder, comparer, mettre à part ou remettre en place sans qu’elles ne se plient au moment de refermer le carton. Quelque peu fastidieux mais très plaisant aussi, entre les retrouvailles avec ces trésors papetiers et le travail de projection mentale pour trouver les accords qui vont fonctionner entre encadrement et bestioles.

Pour l’éléphant, j’ai choisi un papier globalement gris, dont le motif représente des lettres d’imprimerie à l’ancienne, genre alignement de caractères en plomb. Bien m’en a pris car ça m’a sauvé la mise par la suite. J’ai donc mis à part mes deux papiers, celui que je viens de décrire et un autre plus simple, gris nervuré et j’ai fait mon boîtage avec différentes plaques, dont une en polystyrène pour donner de la profondeur à l’encadrement, j’ai réfléchi puissamment à la façon dont je pouvais masquer avec des bandes de carton les différences de relief sur les tranches puis recouvrir le tout avec une seule feuille tout en tenant compte de l’évidement central, tant et si bien que j’ai oublié de faire attention au sens de la plaque de dos, celle avec l’accroche rivetée à l’avance. Bien évidemment, je l’ai mise tête-bêche, avec le crochet en bas et je ne m’en suis rendu compte qu’après avoir tout collé… Aïe ! Je me suis ainsi retrouvée avec un encadrement comprenant une partie inférieure plus étroite que la partie supérieure, ce qui est contraire à ce que je fais d’habitude et l’éléphant avait l’air benêt avec sa trompe pendouillant vers le bas du tableau, alors que dans l’autre sens ça semblait plus cohérent.

Qu’à cela ne tienne, il existait certainement une solution en fouillant dans mes affaires. Trouvé ! J’ai utilisé mes tampons achetés sur un coup de cœur, modèles en silicone qui tiennent sur une plaque transparente qui permet de positionner aisément le tout sur le support final. Dans la série, j’ai opté pour un modèle d’étiquette, genre cahier d’école à l’ancienne. J’ai imprimé une série sur des feuilles de papier à texture parcheminée, papier qui s’appelle justement « éléphant », j’ai sorti mes plumes métalliques et fait des lignes et des lignes d’écriture jusqu’à parvenir à quelque chose qui m’a paru relativement équilibré. J’ai collé cette étiquette sur du papier collant double-face et l’ai mise en place en haut du cadre. Comme le monde est bien fait, parfois, la hauteur de l’étiquette obtenue correspond exactement à l’espace entre de quatre lignes de lettres, tout bien joli pile-poil.

C’est ainsi que pour une fois cette tête de bête se retrouve avec un titre qui correspond à l’idée que j’avais en tête en choisissant ce papier: la mémoire d’éléphant, et pour moi qui dit mémoire dit texte et qui dit texte dit lettres et lettres d’imprimerie à l’ancienne, ça va aussi avec mon goût pour les vieux livres et une esthétique du passé.

Voici donc le résultat:

Le fond noir nervuré correspond à la feuille sur laquelle j’ai pris en photo toutes les têtes d’animaux avant l’expo. Cette fois je n’ai pas fait de mise en scène à base de feuillage puisque le statut de cette tête est différent de celui des autres dans la mesure où… euh… il est différent, voilà ! Elle fait partie d’une mise en scène et non d’un simulacre de vie reconstituée ; le seul élément qui peut amener un trouble est le brillant de l’œil en verre qui, comme chez les vrais éléphants, semble enchâssé dans une matière figée, rugueuse, et donner l’impression d’une réflexion lente mais pointue, masquée dans la masse, liée à la masse, dans un temps ralenti et silencieux.

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2 commentaires à “Eléphant encadré”

  1. yc

    merci pour cette nouvelle bête.
    Il est vivant et son oeil nous observe vraiment.
    Il est vrai que la mise en scène avec le fond est important et peut mettre plus ou moins en valeurs le sujet. Pour l’éléphant c’est original et tout à fait adapté.

    Je te souhaite beaucoup de succés avec ton expo.

    yc

  2. Hélène M.

    Merci pour tes compliments, je croise les doigts pour la suite de l’expo !

    Hélène

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