Voyages, vacances et vélo

Aujourd’hui l’air avait nettement son odeur d’automne, de beau début de bel automne, temps des noisettes, envie de chercher des champignons et de grignoter des mousserons, lumière adoucie, chaleur d’autant plus appréciée qu’on la sait évanescente. Je rentrais en vélo de chez le Matou, je goûtais cette sensation et l’image qui m’est venue est celle du poisson qu’on relâche dans une eau fraîche, je me sentais frétillante des écailles, prête à refaire le tour de mon aquarium pour ausculter les nouveautés à venir. Même aquarium, même ville, même boulot, enfin je suppose, mais ma fille aînée commence sa vie de parisienne avec son appart en coloc (après quatre ans d’internat), ma fille cadette va commencer son IUT d’informatique, ce sera une autre forme de parentalité, du moins je me le figure. L’AMAP reprend avec ses rendez-vous hebdomadaires et de nouveaux produits, quelques nouvelles têtes. A la lumière de l’automne annoncé, tout me paraît neuf et auréolé de bonnes résolutions, comme lorsqu’on plonge le nez dans les cahiers frais achetés ou dans une boîte de crayons de couleurs fraîchement taillés. (Aïe, j’ai vu une boîte de 200 crayons avec des nuances de rouge à faire baver un champ de coquelicots… Vais-je résister ? Ou plutôt, vais-je résister longtemps ?)

C’est avec cet œil bienveillant que je regardais les abords de la piste cyclable et que j’ai noté une nouvelle fois ces immeubles récents à la limite de Saint-Martin-d’Hères.

Ce sont des… immeubles, comme il en pousse sans cesse dans ce quartier, avec décrochements, couleurs sur les balcons, des effets de végétation en jouant avec les restes de ce qui était la bordure de la piste cyclable ou un terrain vague, le genre de bâtiments dont on a l’impression qu’ils ont toujours été là, à peine finis on ne sait déjà plus ce qu’il y avait auparavant à ce même endroit.

Ce qui m’a intriguée dans celui-ci, c’est le détail sur la terrasse entre deux blocs, cette grande tente qui évoque les barnums de marché ou de manifestations festives, sauf que là elle semble avoir la fonction de pièce supplémentaire, d’espace mi-extérieur mi-intérieur, dehors mais à l’abri des regards de voisins.

Sa couleur sable lui confère un aspect exotique qui va bien avec le nouveau jardin public de l’autre côté de la rue: le parc Ouagadougou, aussi je le range dans mes souvenirs de « non-voyage », avec des envies de thé à la menthe et de poufs en cuir de chameau, le genre qui sert très vite de griffoir à chats et finit dépenaillé dans un coin. Enfin je suppose, je n’ai jamais eu de pouf en cuir de chameau et je n’aime guère le thé à la menthe. Ça n’empêche pas de rêvasser sur son vélo ni de croire que l’automne restera cet espace entre-deux, lumineux et doux.

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