Oiseaux

Depuis quelques jours, je traverse une période « oiseaux », à base de mangeoires diverses, de décorations de Noël (oui, déjà… mais c’est le rituel, à chaque année un nouvel oiseau en verre et plumes) et de oh et de ah en voyant défiler les mésanges diverses au « restau du bec ».

Mésange noire, mésange charbonnière, mésange bleue, mésange huppée, même si d’aucuns leur prêtent des mœurs féroces en terme de défense du territoire, elles sont quand même fort jolies et attendrissantes pour peu qu’on accorde une volonté de joliesse à la forme ronde ébouriffée. Depuis que les deux nouvelles mangeoires, spécialement à elles destinées, ont été accrochées au mûrier, c’est un défilé matinal très agréable à regarder. Elles dédaignent désormais les anciens lieux de nourrissage que les tourterelles s’étaient appropriés sans vergogne.

Une tourterelle, ce n’est qu’un pigeon en robe de soie, faudrait pas non plus qu’elles se croient absoutes de tous leurs péchés parce qu’elles ont le col délicat, le plumage gris perle et un sifflet dans les plumes qui leur donne cet envol si bruyant. Oiseaux adoptés par le voisin coutumier de l’accueil de bestioles sans les nourrir par la suite (elles trouvent ensuite plus commode de venir se sustenter chez mes parents) ou espèce devenue petit à petit endémique dans la région ? L’affaire n’est pas encore tranchée et de ce fait leur statut non plus, oiseaux du ciel, elles seraient nourries volontiers, oiseaux vicinaux, bôf… le fait qu’elles prennent la place des mésanges est dans ce cas moins pardonnable.

Ceci dit, ça reste du domaine du pur grommellement derrière la vitre puisque de toutes façons, elles ont leur part de graines comme les autres…

Pourtant, j’ai aimé les tourterelles quand j’étais petite, la grande et inévitable (?) époque dauphins-gazelles-cygnes et autres poneys. Maintenant c’est plutôt rhinocéros-hippopotames-éléphants. Assez éloignés des mésanges, certes, mais si en plus il faut être logique dans ses préférences, où allons-nous ?

Les oiseaux ont pour eux quelques choses que les grosses bestioles grises de mon tiercé n’ont pas, ou alors il faut que je revoie tous mes livres de zoologie, c’est le nid.

Depuis quelques semaines un exemplaire est posé sur le recoin de la fenêtre de la cuisine, côté extérieur. Trouvé par le Matou dans le thuya récemment taillé, il a échappé aux grands mouvements de tri actuels et il est bien parti pour rester là tant qu’il ne sera pas défait par les éléments, à moins que je ne replace dans un arbre pour qu’il soit réutilisé ou recyclé ?

Mais pour le moment, je ne me lasse de le voir là, lors de mes multiples passages de gratouilleuse de jardin. Un nid, ça donne de furieuses envies d’être toute petite pour pouvoir s’y glisser. D’autant plus que je me demande si celui-ci n’a pas été molletonné avec des bouts de laine cardée et des plumes de décoration. A  moins qu’il ne s’agisse de bourre de poils de chien et de plumes de coq mais je préfère rêver à la première hypothèse, celle selon laquelle ce que j’utilise pour faire mes fausses bêtes aurait été chipé par une vraie. Ce serait un juste retour des choses ou plutôt une sorte de partage et d’équilibre qui me plairait. Peut-être que dans la nouvelle grande mangeoire à pieds (le but étant d’attirer les rouge-gorges et les verdiers) je déposerai au printemps quelques touffes de laine de couleurs franches, ce serait amusant de les retrouver quelques années plus tard au gré des tailles des arbres.

On dit un « nid douillet », pourtant, à y regarder de plus près, je ne sais pas si un humain minuscule y trouverait tant de confort que ça… Plumes, laine et mousse, certes, mais surtout brindilles. En fait, le douillet dans le nid, c’est l’oiseau. L’idée de l’oiseau. Du creux autour du plein. Mais l’oiseau lui-même, quand on le tient dans ses mains, laisse une sensation déconcertante. De petits os sans chair ou presque juste là sous la pression possible, des pattes d’écailles et de griffes, une palpitation trop rapide pour qu’on ne songe pas au ressort d’une montre détraquée. Tenir un oiseau, un papillon, un lézard ou un pompon de manège dans ses mains, c’est l’apprentissage de la sagesse ou de la résignation: la vie n’est belle que dans le mouvement. L’attraper c’est l’éteindre. Sauf avec les chats qui, parfois, aiment à être blottis sur vos genoux la tête dans le creux de vos mains, pile au moment où on aimerait se lever pour être justement dans le mouvement !

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1 commentaire à “Oiseaux”

  1. Salamandre

    Et si tu y mettais un pioupiou de feutre par tes petites mains modelé ?

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