Brouillard

Le brouillard n’est pas très fréquent par ici, ça reste pour moi un phénomène quasiment exotique, disons plus prosaïquement qu’il modifie la perception du jardin d’une façon qui ne m’est pas familière.

Déjà, celui des voisins, paysage quotidien par ma fenêtre, prend des allures de parc anglais, vallonné, peigné et bien plus grand qu’il n’est en réalité.

Même le bout de terrain devant la maison, de par la multiplication des plans, semble prometteur d’inconnu pour peu qu’on s’aventure au-delà du thuya.

En faisant un tour dans le jardin dit « des fleurs » (il en reste encore quelques-unes malgré la saison plus qu’avancée), j’étais étonnée par la qualité du son, à la fois ouaté et très précis. Ouaté globalement et très précis concernant le plic-plic des gouttes invisibles qui tombaient des arbres surplombant les plates-bandes. Un bruit de pluie sans pluie. La dissolution des images rendaient cette présence sonore plus forte, presque inquiétante, comme la manifestation d’une vie inconnue des plantes. Ou alors c’est la première fois que j’écoute le brouillard depuis que mes oreilles sont appareillées.

J’ai aménagé le lit à baldaquin de la chatte, un coussin plus moelleux que le simple tissu qui recouvrait le sommier en métal, le tissu mieux disposé tout en laissant une ouverture qu’elle a su trouver, elle semble apprécier même si elle a quitté son nid douillet pour me sauter directement sur les épaules pendant que je photographiais des fleurs. Les griffes dans la laine polaire, les crocs plantées dans le chignon emmêlé, elle a fait son grand numéro de chatte qui aime les humains de compagnie, à tel point que son affection pour eux lui donne envie d’en faire du jus en les serrant très fort, des pattes et des dents. Il suffit de s’habiller en conséquence…

En coupant les grandes tiges sèches des topinambours j’ai trouvé quelques roses, maigrelettes certes mais des roses quand même. Givre du matin, brouillard, elles étaient tant recouvertes de perles d’eau qu’on aurait dit des roses en sucre, aux pétales épaissis.

Les dernières capucines, lentes à fleurir, lentes à renoncer, sont décolorées par le gel des dernières nuits. Celles de la terrasse sont rabougries mais il reste un plant superbe qui a poussé directement sur le compost. Lui n’aura pas eu le temps de fleurir mais il aura au moins décoré la barrière en bambous.

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