Merveilles bis

Maintenant je voudrais parler du livre offert par ma marraine. Je lui avais parlé il y a quelques mois de ce souvenir lié à la maison de ses parents. Elle m’y emmenait de temps en temps et j’en garde des images éparses et fortes. Peut-être parce que j’étais alors en quelque sorte démoulée de la famille, des parents, des frères, de l’école, des copines de « ma vallée bleue », que je me sentais seule enfant au milieu d’adultes, avec d’autres codes, que ceci m’amenait à ressentir les choses différemment. Je me souviens du trajet en voiture, qui me paraissait si long, il me semble que je posais la tête sur les genoux de ma marraine et qu’elle me caressait les cheveux. Je me souviens aussi que c’est dans une occasion de ce genre que j’ai pris conscience de ma respiration et du fait qu’elle impliquait une action musculaire inconsciente et… que si je pouvais la bloquer, un jour elle s’arrêterait. Il y a peut-être une période comme ça dans l’enfance parce qu’à peu près au même âge mon petit frère avait l’habitude de pousser de petits « mhhh » quand il lisait ses Picsou, pour vérifier qu’il « était encore vivant ».

Parmi mes souvenirs, il y avait donc celui de ce livre, un gros livre, lourd, avec des gravures et l’histoire d’un insecte. J’avais surtout retenu la pratique des Sphex (sortes de petites guêpes) consistant à paralyser une proie et pondre son oeuf sur elle pour qu’elle serve de garde-manger vivant et le piège du Fourmilion, un cône creusé dans un sol sablonneux pour attraper des fourmis, comme le nom l’indique.

Des vieux livres de cette sorte, j’en ai lu d’autres, il y avait dans notre maison de campagne des Hetzel ou équivalents que j’adorais, comme les Nouveaux contes de fées de la Comtesse de Ségur, ou Robinson Crusoé, et peut-être même Les voyages de Gulliver dans leur version intégrale, assez inquiétante d’ailleurs avec la partie dans le pays des chevaux. Mais celui-ci m’avait laissé une forte impression, assez mêlée d’ailleurs. J’étais ravie d’apprendre des éléments de la vie des insectes, plaisir que j’ai retrouvé en lisant et relisant les Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre, pressée de lire parce que le temps était compté et je crois d’ailleurs que je ne l’avais pas fini, et en même temps j’en gardais une impression étrange que je ne parvenais pas à définir. Je l’ai mieux comprise depuis en le relisant avec des yeux d’adultes et ça sera le sujet des prochains billets.

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