Mea culpa

Je dois faire mon mea culpa. Dans un billet datant d’il y a quelques années, j’ai médit, c’est ma faute, ma très grande faute. J’ai médit des poules. Le destin s’est chargé de m’en punir en m’amenant à en côtoyer une de près, très près, trop près parfois. C’est une amie de ma mère qui s’est trouvée en charge d’un poussin dont elle ne savait que faire et nous a proposé de l’adopter. Ni une ni deux, je suis allée chercher la bestiole et c’est ainsi que Mémène, la poule, pupille de Mémaine, sa propriétaire durant une semaine, a fait son entrée dans nos vies. 

C’était alors un poussin d’une dizaine de jours, poussant de petits pépiements d’oisillon, très attendrissante boule de duvet que j’ai gardé constamment avec moi pendant deux jours, enroulée dans un torchon pour qu’elle reste au chaud. Puis elle est restée en liberté dans ma chambre quelque temps, au grand dam du parquet d’ailleurs, avec moins de présence mais assez apprivoisée pour accourir dès que j’arrivais. 

Si au départ nous avons craint que le chien et les chattes ne lui fasse un mauvais sort, il s’est avéré que nous nous inquiétions pour rien. Cette poule a un fort caractère et elle a mis tous les animaux à l’amende. Et c’est même le chien que nous devons protéger d’elle quand elle a décidé de le pourchasser pour lui chiper son os, ou la chatte quand Mémène estime que c’est à son tour de se faire câliner à sa place.

Elle monte sur le banc à côté de ma mère pour lui tenir compagnie, elle réclame sa dose d’insectes séchés quand elle a pondu son oeuf, elle tape à la fenêtre quand elle a envie de présence et elle aime qu’on lui caresse le cou, la tête et même les caroncules. Mais pas la crête. 

Elle a aussi la manie bien plus désagréable de piquer les mollets quand on ne s’occupe pas suffisamment d’elle à son goût. Ce qui n’est guère pratique pour jardiner en sa présence. 

C’est la première fois que je suis côtoie ainsi un oiseau et ça m’émerveille encore de pouvoir en manipuler un sans que ce soit le signe d’une maladie ou d’un accident chez lui. Le plumage n’a tellement rien à voir avec le pelage ! C’est un plaisir mêlé d’étonnement que de voir comment les plumes glissent les unes sur les autres là où celles du cou rejoignent le dos. Glisser un doigt sous celles du jabot pour trouver le duvet si chaud et doux pour la gratouiller doucement, son petit gloussement de satisfaction quand elle reste tétanisée pour que le câlin continue, sa manière d’accourir (de façon ridicule, certes) quand je l’appelle, tous ces petits plaisirs font que je suis en train de me réconcilier avec la gent volatile. Et puis, elle pond un oeuf chaque jour !

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