Merveilles

C’est bien les marraines. Et pas que dans les contes de fées. Malgré mon âge avancé, j’ai toujours la mienne à mes côtés, et les treize ans d’écart qui séparaient une enfant puis une adolescente d’une adolescente puis d’une adulte ont fondu pour laisser place à une amitié forte entre « grandes personnes ». Et une marraine, ça fait des cadeaux. Elle ne m’a pas offert récemment de robe couleur de lune, qu’en aurais-je fait dans le jardin ? Mais un livre lu dans mon enfance et un album d’échantillons de tissus. Vous savez, ces classeurs qu’on a envie d’embarquer quand on les feuillette dans les magasins ? Qui font rêver à moult possibilités, à des univers envisagés et évaporés au fur et à mesure qu’on tourne les lourdes pages. Bon, celui-ci qui présente une collection intitulée Callas n’évoque guère pour moi (ni pour ma marraine) un univers de cantatrice mais plus les sièges impraticables sur lesquels on pose une fesse précautionneuse d’enfant emmené en visite chez de lointains parents tatillons. Mais les couleurs sont belles, profondes, de quoi faire de solides doublures de sacs, ou l’envers de bracelets en tissu. Ou juste de quoi regarder de temps à autre, comme mon nuancier de peinture pour bâtiment. Il n’y a pas d’âge pour les trésors anciennement convoités !

Hier soir j’ai démonté le dos de la reliure et au péril de mes doigts j’ai  retiré les agrafes qui maintenaient les liasses. Ce geste iconoclaste et libérateur me donne encore plus envie de les utiliser. Il ne manque plus que le projet…

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Chercher

Maintenant que j’ai peint des plats en porcelaine avec des motifs géométriques, stylisés ou réalistes, me voici fort dépourvue quand la bise du manque d’idées est venue. Je navigue entre l’envie, voire la nécessité, de poursuivre dans certains domaines et la tentation d’essayer autre chose. Les pots de peinture moirée me font de l’oeil mais je leur résiste encore. Enfin presque. Je me suis contentée d’en enduire des coquillages pour voir ce que ça donnera à la cuisson. J’ai quand même tenté le visage du Printemps de Boticelli (orthographe SGDG, pardonnez ma flemme) dans une palourde mais peindre avec un pinceau à trois poils sur une surface cannelée avec une peinture gélifiée, je crois que ça excède à la fois ma patience, mes talents et ma vue. 

Je m’endors en fomentant des projets de motifs de poissons stylisés, de plumes enroulées, d’enluminures détournées, et au réveil je me retrouve avec mes vieilles marottes, le dessin directement sur la surface sans tracé préparatoire, ni recherches au brouillon. C’est idiot. Et il va bien falloir que je leur tourne le cou si je veux revenir à mon idée de peinture sur porcelaine au feutre, décorative et pas dévoratrice de temps. 

En attendant que ma bonne résolution trouve le chemin de sa manifestation, je me suis lancée dans la réalisation d’une série de mugs à usage familial, à partir du très vieux plat en Moustiers à motifs grotesques. C’est leur nom et aussi leur caractéristique, surtout si on pense au chien qui pète dans une trompette ! Ce sera plus clair quand j’aurai avancé ce projet et que je pourrai montrer des photos. 

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Finir

J’estime que cette peinture sur porcelaine est terminée. J’aurai appris que le contour au feutre n’est pas l’idée du siècle, même si un dessin au trait sur une assiette bise peut être une piste à explorer. Et que multiplier les pots de peinture dans des couleurs proches facilite bien la vie. Ça ne dispense pas des mélanges pour donner du relief en fines couches à la fin mais ça évite la course pour poser les teintes avant qu’elles ne sèchent sur la palette ! J’aime bien les contraintes mais certaines sont quand même inutiles.

Ensuite, je me suis posé des questions tout en peignant. Pourquoi ce retour au dessin animalier réaliste ? Je crois que peindre sur porcelaine me permet de résoudre un des problèmes de ma pratique ancienne : le débouché. En effet, peu de gens ont envie d’accrocher au mur un dessin récent d’animaux. Une reproduction ancienne, pourquoi pas, en jouant avec un aspect décalé, mais une bonne impirmante suffit pour ça ! Tandis qu’un dessin sur un objet utilitaire ou presque, quand il s’agit d’un animal décoratif en lui-même (je ne me vois pas faire un portrait de singe ou de renard sur assiette, par exemple) ça me paraît différent. Une sorte d’objet semi-précieux inclu dans le quotidien, qui ne flirte plus avec le domaine de l’art mais relève de celui de l’artisanat, ça rejoint ma conception du dessin tel que je le pratique.

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Savoir continuer

Après avoir épongé la peinture répandue sur le bureau (merci à la plaque de verre qui le recouvre), réparé les dégâts, pris le temps d’écrire le précédent billet, j’ai continué à peindre l’insecte scaraboïde sur une assiette carréoïde.

Dès le départ, j’ai utilisé une technique inadaptée puisque j’ai tracé les contours au feutre pour porcelaine au lieu d’utiliser un carbone ou un crayon qui puisse partir au lavage. Tout simplement parce que je ne savais pas qu’il existait d’autres moyens, pas par goût de la difficulté. Quoique… Si ce genre de feutre était plus fiable quant au débit, j’aurais pu être tentée de m’arrêter là. Après tout, on le reconnaît bien, cet insecte, sa forme est assez décorative en elle-même. Mais comme il faut tapoter la pointe du feutre pour l’imbiber d’encre, il y en a parfois trop peu, parfois trop et l’épaisseur des traits est trop irrégulière.

Je me suis donc attelée à la suite de la peinture, laborieusement, patiemment, puisqu’il faut quatre couches pour obtenir par exemple le blanc que l’on voit sur les côtés. Je pense qu’il y a encore pas mal de détails techniques qui m’échappent…

 

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Savoir s’arrêter

Dans beaucoup de domaines se pose la question de la fin de l’activité. Et même si parler de ceci a quelque chose d’ironique si on songe à ce blog qui n’en finit pas, justement, de s’interrompre et de reprendre, je crois que j’ai trouvé aujourd’hui une réponse, toute partiale et ponctuelle. Il est temps d’arrêter de peindre quand on a renversé le flacon de peinture sur ses pinceaux et sa palette !

Après quelques réalisations à presque grands traits, voire avec des aplats, voici que je suis retombée dans mon travers préféré : du dessin animalier minutieux… 

Pourtant, j’étais contente au départ en essayant cette nouvelle technique (la peinture sur porcelaine) de m’autoriser des motifs simples, voire non figuratifs.

   
  Ok, figuratif mais quand même simple  
 Mais la tentation a été la plus forte. Et si j’essayais à partir de mes quelques couleurs disponibles d’obtenir un résultat réaliste en me faisant bien suer avec de multiples couches et des mélanges qui sèchent très vite sur la palette ? Mhhh ? Et j’ai obtenu ceci : 

  
Après quoi je suis revenue à des motifs abstraits nécessittant quand même de très nombreux passages pour obtenir la densité souhaitée. 

  
Et maintenant je reviens à ma marotte personnelle, avec un dessin d’insecte. Suite au prochain numéro !

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Dragon

Je continue à chercher dans des photos des derniers mois, il y a un peu de tout, entre laine feutrée, couture, reliure et peinture sur verre. Cette fois c’est carrément autre chose, un dragon à partir du tronc d’un lierre qui a été désolidarisé du mur du jardin. La lutte fut âpre, il a vaillamment combattu mais a fini par lâcher prise et son tronc est resté longtemps sous la tonnelle, en attente d’inspiration. Elle est venue cet été et j’ai commencé par dégager la partie centrale, j’ai coupé quelques branches adjacentes pour dégager ce qui ressemblait à une tête et à des nageoires. Ensuite j’ai bombé le tout avec plusieurs couches de peinture verte, noire et jaune. Après quoi j’ai rempli certains interstices avec de laine feutrée à l’aiguille et, sur une judicieuse suggestion, j’ai collé des épines peintes en doré. Un oeil en verre et voici un dragon d’eau ! Ah oui, un peu de peinture dorée pour démarquer les filaments dans ce qui est devenu la nageoire caudale. J’ai essayé de ne pas trop m’attarder, contrairement à mon habitude, de ne pas faire des écailles une par une, de juste m’amuser avec ces branches. 

   
    
   

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Période nuageuse

Il y a quelques mois j’avais montré des photos de mes premiers nuages en laine feutrée, ils étaient très longs à faire, beaucoup trop pour un résultat que je voulais léger et amusant. J’ai recommencé récemment à en faire, mais de façon bien plus rapide, des demi-nuages à accrocher à un clou. Pour le moment j’aji fait les modèles « pluie, grésil et petit matin ». Maintenant je vais essayer les modèles « orage et neige », en jouant avec différents aspects, plus ou moins tassés, plus ou moins réalistes, mais j’aimerais parvenir à rester dans une dynamique de rapidité d’exécution et de jeu. Juste de quoi animer un pan de mur étroit dans l’atelier avec des sortes de points de suspension visuels. 

   

  

  

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Il ne reste plus qu’un peu moins d’un mois !

Bientôt Noël, il ne reste que quelques semaines pour préparer cadeaux et déco. Nous le fêterons le 23, avant le retour à Paris de ma fille aînée et de son copain, le thème étant comme l’an dernier : « petits cadeaux ». Bricolés ou dénichés, ce qui compte c’est le plaisir de déballer et de passer une soirée ensemble. Pour le moment je rassemble les idées pour les présents mais j’ai commencé à réaliser de nouvelles décorations pour le sapin et/ou le salon. Oui, je sais, j’entends déjà d’ici les cris d’orfraie de celles et ceux qui savent que j’ai une pleine malle de boules et de guirlandes, de quoi recouvrir intégralement le gros thuya devant la maison, mais là, ce n’est pas pareil. Si, si ! Je continue mon opération « rien n’entre dans l’atelier, j’utilise mes stocks ». C’est comme ça que j’ai extirpé d’un casier une boîte emplie de bidules divers, invendus du rayon déco du magasin où travaille mon amie. Des étoiles bizarres, assez grandes, en filaments végétaux entrafichés avec du fil et parsemés de fausse neige (assez moches pour tout dire, mais nombreuses), des photophores en verre dépoli à motif de rennes rouges et des pinces dorées pour faire tenir des bougies sur les branches du sapin.

Pour le moment, ce sont ces dernières que j’ai mises à contribution. Des bougies dans le sapin ? Impensable, inutile de jouer avec le feu, c’est le cas de le dire. Alors, qu’en faire ? Et bien faire de fausses flammes avec ce que j’ai à dispostion, en l’occurrence des lanternes du Japon d’un bouquet délaissé.

Un petit trou à la base, de quoi passer les languettes métalliques destinées à tenir la base de la bougie et hop, l’affaire est dans le sac et bientôt sur le sapin.

La première photo est floue mais elle permet de voir que le projet était bon : en effet j’avais juste la quantité de pinces adaptée au support que j’ai trouvé pour les entreposer en attendant la fin décembre (c’est le genre de détails que j’aime bien).

J’aime bien ces lumignons, leur présentation en lignées d’hirondelles prêtes à s’envoler me réjouit les yeux, attiré par les effets de palettes, le doré et l’orange, le végétal et le brimborion.

Photo floue mais l'esprit y est, on va dire
Flammes froides

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Fouillons dans les archives

Deux semaines après les attentats, je reprends ma tentative de réanimation de ce blog. Pour ça je vais farfouiller dans les albums de photos stockées, récentes ou moins. Voyons voir…

Mémène, ainsi nommée en hommage à sa marraine et donatrice
Une photo bien légère et récente, qui montre la nouvelle habitante du jardin. Il était question de temps en temps d’accueillir une poule, mais cette initiatie était restée à l’état de vague projet à chaque fois rejeté. Trop de contraintes, pas assez intéressant, et déjà trop d’animaux dans la maison. Puis une amie de ma mère a appelé pour demander si nous ne voulions pas d’un poussin à adopter, celui que son fils lui avait amené après l’avoir sauvé d’un chien. Je ne comprends pas bien pourquoi un poussin d’une dizaine de jours s’était retrouvé loin de sa mère poule mais bref… j’ai tanné ma mère et je suis allée chercher la bestiole. En un mois et demi petit poussin et devenue grande poule, le poulailler est construit et installé dans le jardin, le chien et les chattes ont compris qu’il ne s’agissait pas d’un quatre-heures livré en kit et elle vit sa vie dans la pelouse, boit dans la gamelle de Mescal et le chasse à coup de bec s’il se montre trop curieux. Pourtant il rêve de manger les mêmes granulés qu’elle et quand il le peut vient les boulotter dans ma main en même temps qu’elle. Chien dégénéré, quand on pense qu’il est nourri avec des croquettes de luxe sans céréales pour le bien-être de sa peau de chien sensible…

Le froid de l’hiver est arrivé en avance mais si jusqu’à présent je rentrais Mémène chaque soir dans sa cage dans la maison, cette fois je vais tenter de la laisser vivre sa nuit en grande poule qu’elle est, c’est-à-dire dans la cabane de son poulailler. Il y a du foin, un toit étanche et une porte assez petite pour la protéger du vent. J’espère que demain matin je n’aurai pas besoin d’un sèche-cheveux pour la décongeler !

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Concerts

Et bien, pour un premier billet de reprise de blog, me voici bien en peine de donner dans la légèreté !

Hier soir je suis allée à un concert de Kraftwerk avec ma fille cadette, à son initiative. Pour elle c’était l’occasion de partager un moment avec sa mère autour de souvenirs d’enfance et d’adolescence quand je lui faisais écouter les morceaux de ma lointaine vingtaine et pour moi, une retrouvaille avec un spectacle de ce genre : je n’avais pas assisté à un concert en salle, payant, et d’un groupe connu, depuis une des dernières prestations de Gainsbourg… J’étais ravie, le spectacle dépassait nos attentes et tout se passait bien jusqu’aux derniers instants avant la fin où j’ai dû quitter la salle pour obéir aux injonctions de ma vessie. Timide que je suis, je n’ai pas osé retourner là-bas et je suis allée fumer une cigarette à l’extérieur tout en restant collée à la vitre du hall, regardant les personnes attablées à la brasserie du hall. J’ai vu un homme sortir paquet de cigarettes en main, puis le même retourner à l’intérieur, téléphoné vissé à l’oreille, disant à son interlocuteur « ils ont exfiltré François Hollande du Stade de France ». Je n’ai pu entendre que ces mots avant que la porte ne se referme mais je l’ai suivi des yeux pour le voir rejoindre une tablée de quelques personnes. Son attitude était frappante, il marchait avec le téléphone plaqué contre le front et après quelques échanges j’ai vu toutes les personnes de sa table sortir leurs appareils, brancher des écouteurs et fixer leurs écrans. Alentour, personne ne semblait avoir remarqué cette scène, les attendeurs attendaient, une équipe de journalistes interviewaient des gamins sortis plutôt du concert, avec leurs lunettes 3D sur le nez (le dispositif scénique incluait des images en relief). J’ai alors rallumé mon téléphone et cherché des infos, à ce moment ils parlaient de fusillades à Paris et de 4 morts, c’était loin du bilan final mais déjà inquiétant. 

La foule a commencé à sortir de la salle, le concert était fini et et j’ai attendu ma fille à l’endroit déterminé à l’avance, tout en scrutant les visages dans le flux des personnes pressées de sortir. Etrange de savoir et de voir ceux qui ne savent pas, moment figé avec l’impatience de distinguer la silhouette de ma fille qui redoublait l’impression de dédoublement. 

De retour dans l’appartement en cours de déménagement, dans la chambre où il ne reste guère qu’un lit et quelques habits non encore triés, dans cette ambiance de fin d’une période, j’ai écouté les infos en direct jusqu’à épuiser la batterie de mon téléphone, secouée de tremblements en entendant ce jeune homme rescapé de la tuerie du Bataclan raconter comment il avait réussi à sortir avec sa mère qui l’avait accompagné. Quelques instants auparavant c’est moi qui était réjouie d’assister à un concert avec ma fille, ouvrant grand les yeux et ce qui me reste d’oreilles pour ne rien perdre de ces instants, goûtant aux émotions de connivence collective. C’est peut-être idiot et égocentrique mais cette coïncicence a rajouté aux sentiments d’horreur et d’accablement. 

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