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Cette fois, je vais me lancer
dans un portrait, pour changer un peu (même si je fais régulièrement
des portraits de compositeurs de musique classique mais c'est une
autre histoaaaare...).
J'ai essayé de convaincre mon
compagnon de se sacrifier pour la bonne cause mais je ne l'ai pas
senti très chaud pour se faire disséquer en public alors j'ai choisi
de partir de cette photo de famille.
Il s'agit d'une toute petite
photo, de 4 x 4 cm apparemment découpée dans une plus grande photo
d'une réunion familiale. Je l'ai scannée avec une forte résolution
pour parvenir à traiter ce document qui finalement se ramène à 1 x 1
cm. |
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Voici donc plus précisément
celui que je connais sous le nom de "Le Dadet Routand". Pourquoi "Dadet"?
Sans doute pour désigner l'ancêtre, le grand-père. La femme à côté
de lui est sa fille, Stéphanie, épouse Pacailler, la grand-mère de
ma mère. Vous aurez donc compris qu'il s'agit d'un de mes
arrières-arrières-grands-pères.
D'après la légende familiale, il
aurait dilapidé son argent avec le jeu et les fâââââmes (et depuis,
même sans jeu ni autre calembredaines, l'argent n'est pas revenu
dans la famille... soupir).
J'aime bien son allure
narquoise, ce petit sourire en coin caché sous la moustache, cet air
cabossé mais toujours là. Il me fait penser à des photos de Rodin
âgé. Mais c'est ma mythologie personnelle, on pourrait y voir tout
autre chose, du genre "noble vieillard racontant des histoires à ses
petits-enfants au coin de la cheminée"...
J'ai poussé les contrastes de la
photo mise en noir et blanc pour m'aider plus tard à déterminer les
valeurs de gris pour le dessin et déjà, je trouve que sur la
première, en sépia, il fait plus résigné tandis que là, on voit
qu'il a toujours l'oeil qui pétille. Mais même mon
arrière-grand-mère, qui n'avait pourtant pas l'air très
boute-en-train sur les photos que je connais d'elle, sourit au
photographe.
En regardant mieux, la réponse
est toute simple: sur la photo du haut on voit ses mains, sur celle
du bas on ne voit que sa tête ! Or il a les mains simplement posées
sur les genoux, fermées, certes, mais cette posture un peu
abandonnée, ainsi que le gilet partiellement déboutonné, le ventre
en avant, donnent une impression d'homme un peu tassé, tandis qu'en
cadrant sur le visage et le haut du torse, on peut se dire que cet
homme qui doit avoir entre 70 et 80 ans "porte encore beau". |