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Le dessin -
Le
dessin animalier
Le document de
départ
Je pars le plus souvent d'une photo (sauf pour dessiner des
objets du quotidien), cherchée dans une revue ou que j'ai réalisée moi-même
(portrait de mes
proches ou d' animaux familiers, photos prises dans un zoo ou pendant une
promenade).
Une photo peut sembler parfaite mais pêcher par
l'absence d'un détail hors champ ou masqué par un élément du décor que je
n'ai pas l'intention de représenter.
Parfois c'est une zone de transition entre plumes et pattes
par exemple qui peut manquer de détails, or j'ai besoin de comprendre pour
dessiner. Je peux partir d'un document flou mais pas d'une photo qui présente
des zones trop bouchées, trop sombres, que je ne pourrai pas retranscrire faute
d'intégrer la façon dont elles sont faites. De mon point de vue, j'obtiendrai
une sorte de terra incognita comme sur les cartes anciennes, remplie de façon
empirique et qui me sautera aux yeux par son manque de cohérence avec le reste
du dessin, car certains détails anatomiques ne peuvent être inventés.
Qu'est-ce qu'un
dessin animalier?
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Le fait de représenter un animal ne
suffit pas à définir le dessin animalier. Considérons par exemple ce
dessin de grenouille. Je le trouve magnifique et dérangeant, par sa
technicité et son sujet. Il est à la fois très neutre, de l'ordre du
constat, ce qui en fait un dessin documentaire. Mais voir ainsi
un animal aussi mobile et fluide qu'une rainette figé dans cette posture
cadavérique, accentuée par le fait qu'elle soit posée sur le dos, comme
un objet qu'elle est devenue, intrigue et rend mal à l'aise. |
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Si l'on représente maintenant un
animal tout aussi mort et méticuleusement figuré mais inséré dans une
mise en scène, on ne le regarde plus du tout de la même façon.
Il devient ici un élément d'une
"vanité", informant à la fois sur le luxe et les plaisirs de l'existence
et sur leur côté éphémère.
Pourtant c'est toujours un animal,
mort, dessiné de façon très réaliste. Mais c'est un simple élément d'une nature morte.
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Michiel Simons (-1673) |
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Jacques-Laurent Agasse (1767-1849) |
Continuons avec les animaux mis en scène.
Cette girafe peinte par Jacques-Laurent Agasse (1767-1849) fait partie à mon
avis d'une scène de genre.
L'attention est distribuée entre les humains, l'animal et
le décor. On sait ce qu'est une girafe mais elle n'est pas mise en vedette, mis
à part par sa taille par rapport aux humains.
Il n'y a pas de propos
philosophique comme dans la vanité mais il y a plus qu'une simple constatation.
C'est une forme d'anecdote. |
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La seule tête d'une girafe,
représentée sans fond ni effet d'ombre portée m'intéressera beaucoup
plus. Elle me fera
rêver comme un animal dans une galerie de muséum, sur son socle,
m'incitera beaucoup plus à la rêverie et fera plus travailler mon
imagination que le même animal mis en scène dans un décor de vitrine.
C'est beaucoup plus proche de ma
conception du dessin animalier, le dessin pour le plaisir du dessin,
l'animal comme seul centre d'intérêt. |

Nicolas Huet (1770-1830) |
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Georges Stubbs (1724_1806) |
Ici le dessin de l'animal est très
précis, avec un souci de ressemblance exacte avec le modèle, posé sur un
fond imprécis avec une simple notion de profondeur liée à l'ombre sous
les sabots postérieurs.
L'attention est entièrement portée sur le cheval
et sa mise en valeur. Cela devient un portrait. |
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Et si le dessin représente
des bipèdes mammifères, sans recherche d'expression, posés sur un fond
indistinct, de quoi s'agit-il? De dessin animalier anthropomorphe? |

Georges Stubbs (1724-1806) |
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