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Quand j'expose mes dessins, on s'étonne parfois de ce que je refuse de me positionner
en tant qu'artiste mais je persiste à refuser cette étiquette.
On peut dire que j'ai une capacité technique, un don
d'observation, une tendance à l'obstination et à la minutie mais je n'ai pas
de propos artistique.
Je ne cherche pas à travers cette pratique du dessin
à faire part de ma position par rapport à ce qui m'entoure, à
digérer mes perceptions pour en faire autre chose. A la limite, une telle
obstination à ne pas avoir de propos artistique pourrait carrément basculer
dans le propos artistique si par exemple je ne faisais que des détails de
pelage (Georgia O'Keefe), ou de très grands formats qui induiraient une présence
troublante de la représentation agrandie (Hucleux, Stubbs) ou une production en série
du même animal.
...ou alors si je présentais mes palettes de travail en
parallèle à mes dessins. Parce qu'après tout, elles sont le fruit du même
travail, dans le même espace de temps, avec les mêmes matériaux, sur le même support, simplement les traits
de pinceaux ne sont pas ordonnés dans le but de la représentation.
Serait-ce alors un cochon ou de l'art?
Voilà quelle est ma conception de la différence entre la
production de dessinatrice et d'artiste. Le propos n'est pas le même. J'ai un
propos d'information, pas de parti pris.
Qu'en est-il lorsque je dessine un portrait? Dans ce cas,
comme la ressemblance prend le dessus sur la fidélité de la compréhension
d'une texture, comme pour la rendre évidente il faut que j'ai une bonne
perception de la personne représentée, on peut voir apparaître le début d'un
propos artistique. Dans ce cas, plus qu'à la technique utilisée, le
spectateur sera attentif à ma perception de la personne représentée, donc à
moi-même par rebond et en perdant ma neutralité voulue et revendiquée, je deviens
artiste plus que dessinatrice. Mais c'est à l'insu de mon plein gré !
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