" J'avais à faire cette perruche avec du papier de couleur. Eh bien, je suis devenue perruche. " Henri Matisse Cette phrase résume tout à fait ce qui se passe quand je dessine. Mais cette pratique mentale n'a rien à voir avec le résultat, deux personnes qui deviennent perruches ne deviennent pas la même perruche, deux mêmes personnes qui deviennent escargots ne dessinent pas le même escargot.
Dans mon dessin, je montre le premier stade d'une sorte de phénomène d'empathie, celui de la collecte d'informations. Dans une formulation douteuse, je pourrais dire que je pré-mâche mais que je ne digère pas. Il n'y a pas de transformation des éléments constitutifs de l'objet considéré. Le dessin tel que je le considère a une double fonction d'apaisement:
Mon choix du dessin à tendance
réaliste a aussi une
autre origine. Les fournitures de
papeterie et de dessin me ravissent. Il faut bien faire quelque chose de cette
fascination ! Si je ne fais qu'emplir des cahiers de traits de couleur,
on va me faire entrer dans un asile, si j'en remplis trente tomes, on va me
faire entrer au musée. Je n'ai l'ambition ni de l'un ni de l'autre et pour
pouvoir continuer mes traits sur du papier, j'en fais des portraits, animaliers
ou non. De même qu'en littérature, certains écrivent des romans, d'autres des
essais, je me contente de l'équivalent de nouvelles, de lettres. Je ne sais pas
dessiner "long", mais je sais et j'aime dessiner. Alors je dessine...
"court". Sans ambition et avec un plaisir que je souhaite
communicatif. En comparant avec le domaine de la musique, je suis dans la fosse
d'orchestre, j'exécute un morceau, je ne compose pas. Le propos est différent,
le plaisir est différent, mais il est présent. |
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