Notre regard est sensible à des détails infimes. Même sans s'en être fait la réflexion, nous sommes capables de tirer des conclusions d'indices infimes.
Sur cet extrait de tableau, on perçoit que l'intérieur
du coquillage de gauche est
nacré simplement parce que la partie à l'ombre du rebord de la spirale n'est pas
très sombre. On continue à distinguer des détails de texture, plus finement même que sur la partie plus externe. La lumière semble pénétrer à l'intérieur
de la coquille, elle est donc réfléchie par une surface brillante, la nacre. Il se passe la même chose si on regarde de près le rendu d'un tissu en velours sur d'anciens portraits à l'huile. Le simple fait de poser une touche de peinture plus claire sur la tranche du pli, suffit à informer notre oeil de la nature du tissu.
Il s'agit d'une petite voiture en bois, les roues sont simplement maintenues par un clou argenté. Pour le montrer, il suffit de synthétiser l'aspect brillant par un reflet: deux tons de gris, une touche de lumière par l'absence de pigments sur le haut du clou et on sait que c'est du métal brillant. Très peu d'informations suffisent parfois.
Sur l'image de droite, j'ai réduit l'ombre portée par l'épaisseur de la paupière sur le globe oculaire. On a maintenant l'impression que l'œil est à fleur de peau, légèrement exorbité. Comme une expression de curiosité...
Sur l'image de droite, j'ai simplement
ôté la tache blanche symbolisant le reflet lumineux sur le globe oculaire
humide. L'œil devient tout d'un coup atone et l'expression devient
indifférente, fermée ou méfiante.
Sur l'image de droite, j'ai renforcé l'ombre projeté par la paupière et j'ai éclairci légèrement la paupière supérieure en son centre. La paupière devient plus bombée, un peu gonflée. Peut-être la personne vient-elle de pleurer?... Il suffit de très peu de choses pour modifier une expression et c'est là le côté fascinant de la pratique du portrait.
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