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Le dessin - La pratique du dessin - L'oeil sensible

(Savoir pour voir - Du cochon ou de l'art - Plaisir du dessin)

    Notre regard est sensible à des détails infimes. Même sans s'en être fait la réflexion, nous sommes capables de tirer des conclusions d'indices infimes. 


Alexandre-Isidore Leroy de Barde (1777-1828)

    Sur cet extrait de tableau, on perçoit que l'intérieur du coquillage de gauche est nacré simplement parce que la partie à l'ombre du rebord de la spirale n'est pas très sombre. On continue à distinguer des détails de texture, plus finement même que sur la partie plus externe. La lumière semble pénétrer à l'intérieur de la coquille, elle est donc réfléchie par une surface brillante, la nacre.

    Sur le coquillage de droite, l'intérieur est très sombre, d'un noir bouché. On distingue même plus les cannelures de la coquille. On en déduit que l'intérieur est recouvert d'une matière mate, qui ne renvoie pas la lumière.

    Il se passe la même chose si on regarde de près le rendu d'un tissu en velours sur d'anciens portraits à l'huile. Le simple fait de poser une touche de peinture plus claire sur la tranche du pli, suffit à informer notre oeil de la nature du tissu.


    Il s'agit d'une petite voiture en bois, les roues sont simplement maintenues par un clou argenté. Pour le montrer, il suffit de synthétiser l'aspect brillant par un reflet: deux tons de gris, une touche de lumière par l'absence de pigments sur le haut du clou et on sait que c'est du métal brillant. Très peu d'informations suffisent parfois.



Jean Auguste Ingres (1780-1867)

    Sur l'image de droite, j'ai réduit l'ombre portée par l'épaisseur de la paupière sur le globe oculaire. On a maintenant l'impression que l'œil est à fleur de peau, légèrement exorbité. Comme une expression de curiosité...


Jean Auguste Ingres (1780-1867)

    Sur l'image de droite, j'ai simplement ôté la tache blanche symbolisant le reflet lumineux sur le globe oculaire humide. L'œil devient tout d'un coup atone et l'expression devient indifférente, fermée ou méfiante. 


Jean Auguste Ingres (1780-1867)

    Sur l'image de droite, j'ai renforcé l'ombre projeté par la paupière et j'ai éclairci légèrement la paupière supérieure en son centre. La paupière devient plus bombée, un peu gonflée. Peut-être la personne vient-elle de pleurer?...

    Il suffit de très peu de choses pour modifier une expression et c'est là le côté fascinant de la pratique du portrait.

 


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Mise à jour du 7 juin 2007
helene@animaregard.com